De récentes études réalisées à partir d'un cadre monétaire de prospection montrent que la contrefaçon de billets n'existe pas en situation d'équilibre monétaire. Cette conclusion va à l'encontre de ce qui s'observe dans certains pays où la contrefaçon a été un problème de taille. Les auteurs montrent que le faux-monnayage peut faire partie de l'équilibre d'un modèle à l'intérieur duquel les billets, faute d'être parfaitement identifiables, risquent d'être contrefaits. Le modèle utilisé s'appuie sur un cadre de prospection concurrentielle dans lequel les vendeurs publient des offres qui aiguillent les acheteurs. Quand les vendeurs ne connaissent pas la qualité des billets, ils ne différencient pas leur offre selon les acheteurs, ce qui permet à ces derniers de tirer un bénéfice de l'emploi de faux billets. Dans ce cas de figure, la coexistence des billets contrefaits et des billets authentiques est possible à certaines conditions. Les auteurs formalisent par ailleurs en détail la relation entre la décision des vendeurs de vérifier l'authenticité des billets et le choix de la qualité des contrefaçons opéré par les faussaires. Cette démarche permet de mieux comprendre comment les politiques parviennent à influer sur la contrefaçon.