Les auteurs étudient la dynamique des échanges sur un marché où la qualité des actifs est une information privée détenue par les propriétaires et où la recherche d’une contrepartie demande du temps. Lorsque, à l’équilibre, les actifs financiers ne sont plus échangés par suite d’un choc entraînant une dégradation de leur qualité, l’intervention d’un participant de grande stature, qui est prêt à acheter des actifs de mauvaise qualité et, donc, à supporter des pertes financières, peut relancer les échanges. Cette intervention donne lieu à un équilibre complexe car elle produit un effet d’annonce : le seul fait d’annoncer une intervention à venir peut amener les marchés à fonctionner de nouveau. Cet effet entraîne une reprise graduelle du volume d’échanges, les prix convergeant de façon non monotone à leurs valeurs normales. La politique optimale consiste à intervenir immédiatement par l’acquisition d’un volume minimal d’actifs pendant que le marché est jugé important et que les pertes sont minces. Lorsque les pertes grossissent et que l’importance du marché décline, il devient optimal d’intervenir plus tardivement, et il peut alors être préférable de compter davantage sur l’effet d’annonce en haussant la taille des achats escomptés. Les frictions concernant la prospection comptent dans tous ces résultats. Elles amplifient l’antisélection, rendant le marché plus vulnérable aux difficultés que crée généralement la présence d’actifs de piètre qualité. Elles atténuent l’effet d’annonce et requièrent une politique optimale plus ambitieuse, c’est-à-dire une intervention précoce à plus grande échelle.