Nous construisons un modèle de cycle économique standard auquel nous intégrons les travaux ménagers, et que nous étalonnons en fonction de données sur l’emploi du temps, afin d’assujettir aux données la complémentarité entre la consommation et les heures travaillées et d’établir le lien entre le degré de cette complémentarité et la taille des multiplicateurs budgétaires. Nous montrons que, si la substituabilité entre les produits maison et les produits marchands est étalonnée sur la fourchette de données pertinente du point de vue empirique, la complémentarité consommation-heures travaillées est importante et le modèle génère des multiplicateurs budgétaires qui concordent avec les données. Ainsi, l’importance de la complémentarité consommation-heures travaillées pour les multiplicateurs budgétaires est étayée par notre analyse. Par ailleurs, nous constatons également qu’il est plus avantageux de modéliser explicitement la production domestique que de s’en tenir à l’arbitrage consommation-loisirs ou aux préférences proposées par Greenwood, Hercowitz et Huffman (1988). Un modèle de travaux ménagers peut générer une complémentarité considérable, sans que de faibles effets de richesse viennent contredire les observations microéconomiques.