La voie suivie par la Réserve fédérale pour procéder à la réduction de la détente monétaire et, par la suite, à la hausse des taux d’intérêt pourrait avoir des retombées considérables sur les flux de capitaux à destination des économies émergentes. Les auteures ont recours à un modèle vectoriel autorégressif, qui prend explicitement en compte les attentes des marchés relativement à l’évolution de la politique monétaire, pour évaluer les répercussions potentielles de la normalisation de la politique monétaire américaine sur les flux d’investissements de portefeuille vers de grandes économies émergentes. Elles définissent un choc de normalisation qui ne modifie pas le taux directeur, mais a pour conséquence de creuser les écarts de taux sur les obligations à long terme des États-Unis et d’augmenter le niveau des anticipations à l’égard de la politique monétaire. D’après les résultats, l’incidence d’un tel choc sur les flux d’investissements de portefeuille en proportion du PIB devrait être faible du point de vue économique. L’effet estimé correspond de très près à celui observé au cours de la période de la fin mai à août 2013 en réaction à un élargissement comparable de l’écart de taux des obligations à long terme américaines. Cependant, comme l’ont montré les événements de l’été 2013, des variations relativement légères des flux d’investissements de portefeuille peuvent être associées à une importante turbulence financière dans les économies émergentes. En outre, il existe une forte corrélation entre les pays qui, selon le modèle des auteures, sont les plus touchés par la tourmente et ceux qui ont constaté les plus grandes sorties d’investissements de portefeuille de mai à septembre 2013.