Dans le présent document, nous étudions le lien entre l’intégration du commerce transfrontalier et la politique monétaire. Nous examinons d’abord les indications d’un accroissement du degré d’intégration en Amérique du Nord induit par la libéralisation des échanges et concluons que, si des inférences structurelles robustes restent difficiles à cerner, la preuve recueillie est suffisante pour inciter les banques centrales à prendre la question au sérieux. Puis, nous décrivons plusieurs canaux par lesquels l’intégration accrue peut se répercuter sur les modèles macroéconomiques. Nous donnons un aperçu des modifications apportées à TOTEM, le principal modèle macroéconomique de la Banque du Canada, pour tenir compte de certains des effets de l’intégration mentionnés dans la littérature, puis générons des stimulations stochastiques pour comparer des versions du modèle comportant un degré d’intégration faible ou élevé. La conclusion principale est que l’intégration accrue pourrait compliquer la tâche des banques centrales lorsqu’il s’agit de maîtriser l’inflation, car une plus grande variabilité des taux d’intérêt, des taux de change et de l’écart de production serait alors nécessaire.