L’intégration des économies par l’intermédiaire du commerce a un effet sur la politique monétaire, selon le gouverneur Poloz

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L’intégration accrue des économies à l’échelle mondiale tient à l’augmentation du commerce, ce qui influe sur la conduite de la politique monétaire, a déclaré aujourd’hui le gouverneur de la Banque du Canada, M. Stephen S. Poloz.

À l’occasion de la première conférence commémorative annuelle Paul-Storer sur les relations canado-américaines tenue à l’Université Western Washington, le gouverneur Poloz a indiqué que l’évolution des pratiques commerciales internationales, dont la création de chaînes de valeur mondiales et l’établissement de filiales à l’étranger, donne à penser que les économies sont de plus en plus intégrées.

« Des indications semblent révéler une intégration accrue des échanges lorsque la définition du terme ʺéchangesʺ est élargie pour englober tous les aspects du commerce international », a signalé M. Poloz. Ces indications sont « suffisamment éloquentes pour inciter les autorités monétaires à prendre la question au sérieux ».

Selon le gouverneur, l’accroissement de l’intégration s’explique non seulement par les accords comme l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), mais également par la croissance de la pénétration des échanges des marchés émergents, notamment la Chine, par l’intermédiaire de la création de chaînes de valeur mondiales.

L’intégration transfrontalière peut toucher la politique monétaire à plusieurs égards, a mentionné le gouverneur. En particulier, l’intégration accrue peut avoir des implications pour les modèles économiques sur lesquels s’appuient les décideurs, réduisant d’une part la sensibilité de l’économie aux variations de taux de change mais augmentant, d’autre part, la sensibilité de l’inflation intérieure aux évolutions internationales. Les analyses effectuées au moyen du principal modèle économique de la Banque du Canada montrent qu’il peut être plus compliqué de maîtriser l’inflation lorsque l’intégration est élevée, car une plus grande variabilité des taux d’intérêt, des taux de change et de l’écart de production peut être nécessaire pour la même série de chocs macroéconomiques.

« Les modèles qui ne tiennent pas compte de l’accroissement de l’intégration pourraient prédire que les mesures de politique monétaire visant à stabiliser l’économie et à maîtriser l’inflation sont plus efficaces qu’elles ne le sont en réalité », a expliqué le gouverneur. « Les décideurs doivent reconnaître que les évolutions internationales ont une incidence sur l’économie du pays. »

Cette conférence commémorative rend hommage à Paul Storer, ancien professeur d’économie à l’Université Western Washington, avec qui le gouverneur Poloz a travaillé à la Banque du Canada. M. Storer, qui est décédé l’an dernier, se spécialisait dans l’étude des relations économiques entre le Canada et les États-Unis, en ce qui a trait particulièrement au commerce.

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