Certaines indications donnent à penser que le dynamisme des entreprises a diminué dans les économies avancées. En particulier, les taux d’entrée et de sortie d’entreprises ont chuté, ce qui semble indiquer que le processus de destruction créatrice a perdu de sa vigueur. Parallèlement, la croissance de la productivité a ralenti. Certains croient que la baisse des taux d’entrée et de sortie explique en partie la décélération de la croissance de la productivité. Cependant, il y a peu d’éléments pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. Dans la présente étude, nous employons des tests de causalité à divers horizons ainsi que des simulations dynamiques sur des données canadiennes et américaines afin de répondre à la question suivante : les variations des taux d’entrée et de sortie sont-elles des indicateurs, ou des causes au sens de Granger, de la productivité future? Les résultats obtenus ne nous permettent pas de conclure que les taux d’entrée causent au sens de Granger l’évolution de la productivité. En revanche, nous constatons que la productivité a une incidence sur les taux d’entrée. Les petits modèles dont nous nous servons, qui s’appuient sur des données (non sectorielles) pour l’ensemble de l’économie, nous amènent à relever que les taux de sortie influent sur la productivité dans les deux pays. La baisse de la croissance de la productivité serait donc causée en partie par une réduction du nombre de sorties d’entreprises affichant une faible productivité. Toutefois, lorsque d’autres variables sont prises en compte, par exemple les mesures du cycle économique et le taux de change effectif réel, l’incidence des taux de sortie sur la productivité a tendance à diminuer. En fait, les mesures du cycle économique semblent jouer un rôle déterminant tant pour la productivité que pour le taux de sortie : la dynamique des entreprises serait donc une cause intermédiaire, et non une cause première, de la croissance de la productivité.