La réglementation macroprudentielle des changes applicable aux banques peut-elle réduire les vulnérabilités financières et macroéconomiques découlant des emprunts en devises? Afin d’évaluer l’efficacité et les conséquences imprévues de cette réglementation, nous avons conçu un modèle parcimonieux des opérations de prêt en monnaie nationale et en devises effectuées par les banques et sur les marchés. Ce modèle nous permet de formuler quatre hypothèses, que nous confirmons au moyen d’un riche ensemble de données sur la réglementation macroprudentielle des changes. Ces tests empiriques indiquent que celle-ci : 1) fait baisser les emprunts en devises contractés par les banques, 2) a pour effet inattendu d’augmenter simultanément l’émission de titres d’emprunt en devises par les entreprises, 3) réduit la sensibilité des banques aux fluctuations du taux de change, mais 4) est moins susceptible de réduire celle des sociétés et de l’ensemble des marchés financiers. La réglementation des changes imposée aux banques semble donc réussir à atténuer la vulnérabilité des institutions aux mouvements de change et au cycle financier mondial. Toutefois, elle tend à transférer une partie de la vulnérabilité à ces mouvements vers d’autres secteurs.