Depuis la crise financière mondiale, la croissance des salaires dans les économies avancées a été généralement plus faible que lors de reprises précédentes, surtout après la prise en compte de l’évolution des conditions sur le marché du travail pendant cette période. Dans cette étude, nous envisageons diverses raisons qui pourraient expliquer cette faiblesse. Pour ce faire, nous effectuons un survol de la littérature pertinente et analysons les données récentes sur le marché du travail des économies avancées. Dans l’ensemble, nous en concluons qu’une grande partie de la faiblesse inexpliquée se justifie probablement par différentes mesures des capacités excédentaires sur le marché du travail, en particulier l’augmentation du travail à temps partiel involontaire. De plus, la dynamique changeante de l’inflation et un certain nombre de facteurs structurels pourraient aussi contribuer à la faiblesse. Parmi ces facteurs, citons le pouvoir de négociation réduit des travailleurs en raison de la baisse du taux de syndicalisation, la concentration accrue des entreprises, les pratiques restrictives en matière de mobilité de la main-d’oeuvre, les réformes du marché du travail et des changements démographiques. D’autres éléments, comme la migration et les progrès technologiques, peuvent également avoir une incidence sur la croissance des salaires dans les économies avancées, mais le sens et l’ampleur de cette incidence sont plus incertains. L’identification et la quantification des effets de causalité des facteurs examinés dans cette note sur la croissance des salaires dans les économies avancées dépassent la portée de notre analyse. Notre examen des données internationales aide toutefois à déterminer les causes probables de la faiblesse observée de la progression des salaires et jette les bases d’éventuelles études plus poussées de certains facteurs dans l’avenir.