Pour affronter l’environnement difficile actuel, le Canada peut amplifier la croissance dans ses secteurs phares traditionnels en saisissant les occasions d’exporter présentes dans les branches en plein essor du secteur des services, a déclaré aujourd’hui le gouverneur de la Banque du Canada, M. Stephen S. Poloz.

Dans l’ensemble de l’économie mondiale, le commerce et les investissements des entreprises ont subi un fort ralentissement en fin d’année sur fond de guerre commerciale menée par les États-Unis, a indiqué M. Poloz dans un discours prononcé aujourd’hui devant la Chambre de commerce régionale de Baffin. Ce facteur a contribué à la croissance économique plus faible que prévu enregistrée en fin d’année. Parallèlement, l’économie canadienne a continué de donner des signes d’un dynamisme soutenu, alimenté par une augmentation appréciable des emplois et des revenus dans les branches en forte croissance du secteur des services, a précisé le gouverneur.

« Ces données font penser que le bilan contrasté offert actuellement par l’économie canadienne découle d’importants changements structurels qui ne sautent pas forcément aux yeux, a déclaré le gouverneur. Juger de l’incidence de tous ces facteurs sur les perspectives d’inflation n’est évidemment pas une tâche facile pour nous. »

Selon le gouverneur Poloz, bien que les politiques commerciales protectionnistes continuent de faire peser un risque important sur l’économie canadienne, le cadre de conduite de la politique monétaire de la Banque peut, grâce au taux de change flottant qui en fait partie, aider l’économie à s’ajuster aux chocs. Une main-d’œuvre instruite et diversifiée – tout comme l’attachement du pays au commerce international – compte parmi d’autres facteurs qui aideront le Canada à faire face à l’environnement actuel.

« En cette époque d’incertitude commerciale, il est encore plus important de multiplier les efforts pour favoriser le commerce entre nos provinces et territoires », selon M. Poloz. Et d’indiquer que la levée des obstacles au commerce interprovincial pourrait accroître la croissance économique potentielle au Canada de 4,5 milliards de dollars par an. « À un moment où l’économie tourne au ralenti, l’occasion est trop belle pour ne pas la saisir », a-t-il précisé.

Outre le commerce et les investissements qui ont ralenti au Canada, le secteur pétrolier s’ajuste à des prix plus bas et le secteur du logement en est encore à s’ajuster aux effets conjugués du resserrement des règles hypothécaires et des taux d’intérêt plus élevés. « C’est pourquoi, lors de la dernière annonce du taux directeur, en mars, nous avons indiqué que les perspectives économiques continuaient de justifier un taux directeur qui se situe sous la fourchette neutre. Le but est d’aider l’économie à faire face à cette décélération de la croissance et à maintenir l’inflation proche de la cible », a affirmé le gouverneur pour terminer. « Les données économiques récentes cadrent globalement avec nos attentes, à savoir que cette période prolongée de croissance inférieure à son niveau potentiel se révèlera passagère. »