La présente étude montre que l’approche couramment employée pour estimer l’incidence des variations du taux de change sur les exportations totales, qui se base sur des régressions du taux de change effectif réel (TCER), implique des estimations biaisées des élasticités sous-jacentes. Nous proposons une nouvelle spécification reposant sur des régressions agrégées qui est compatible avec une dérivation des flux commerciaux bilatéraux par le modèle de gravité. Conforme à la théorie, cette approche débouche sur des estimations non biaisées lorsque les prix sont établis dans une monnaie internationale, soit la monnaie de l’économie dominante dans les échanges. Les auteurs utilisent la méthode de Monte-Carlo pour comparer les estimations des élasticités obtenues au moyen de ces nouvelles régressions d’un TCER dit « idéal » avec celles obtenues au moyen des spécifications communément utilisées dans les études impliquant le TCER. Les résultats indiquent que le biais est faible (autour de 1 %) pour le taux de change, et prononcé (autour de 10 %) pour l’élasticité de la demande. Ces observations sont confortées de manière empirique par les données sur les flux commerciaux annuels. L’écart entre les estimations des élasticités aux niveaux bilatéral et agrégé est bien moins important avec notre spécification qu’avec l’approche standard.