Grâce à l’assurance-dépôts, les déposants sont protégés contre les défaillances bancaires et leurs dépôts assurés sont à l’abri des risques. Lorsque le plafond d’assurance-dépôts est relevé, certains des dépôts qui n’étaient pas assurés précédemment le deviennent, ce qui augmente la part des actifs sans risque du portefeuille des ménages. Ces derniers ne peuvent pas simplement annuler cette augmentation, car avant de pouvoir investir dans des dépôts non assurés, ils doivent avoir atteint le plafond des dépôts assurés. L’analyse menée dans ce document de travail est fondée sur ce principe.

Nous montrons que dans un modèle standard de répartition des actifs d’un portefeuille, lorsque le plafond de l’assurance-dépôts est relevé, les ménages transfèrent une partie de leurs dépôts dans des produits risqués, comme les fonds communs de placement. Se basant sur le relèvement du plafond d’assurance-dépôts au Canada en 2005 et sur des données détaillées concernant les portefeuilles des ménages, notre analyse empirique confirme les implications du modèle et écarte plusieurs autres explications. Ainsi, nous établissons qu’un relèvement du plafond d’assurance-dépôts entraîne des sorties de dépôts considérables.

Notre étude tire des enseignements importants en matière de politiques. Premièrement, bien qu’il ait souvent été prouvé que l’assurance-dépôts favorise la stabilité financière (car elle atténue les répercussions des retraits massifs en période de crise), nous démontrons un nouvel effet : un rehaussement de la protection peut aussi déclencher des sorties de dépôts en dehors des périodes de crise. Deuxièmement, le document de travail fait ressortir le lien entre l’assurance-dépôts et la composition du portefeuille des ménages. Il met en évidence le rôle que jouent les dépôts non assurés dans les décisions de placement des ménages ainsi que l’importance de les étudier indépendamment des dépôts assurés lors de l’analyse des choix de répartition du portefeuille.