Dans un discours prononcé devant l’Economic Club of Canada, la première sous-gouverneure, Carolyn A. Wilkins, a expliqué que le vieillissement de la population et la faiblesse des gains de productivité assombrissent les perspectives de bon nombre d’économies avancées, dont le Canada. Comme la croissance tendancielle est plus lente que par le passé, le taux d’intérêt neutre (le taux auquel les coûts d’emprunt ne viennent ni stimuler ni freiner l’activité) est lui aussi à un niveau plus bas.

Cette situation pose deux grands défis auxquels la Banque s’intéresse en vue du renouvellement de son cadre de politique monétaire en 2021, a-t-elle ajouté. D’une part, les banques centrales auraient moins de latitude pour soutenir l’économie par des baisses de taux d’intérêt en cas de ralentissement. D’autre part, des vulnérabilités financières pourraient se développer si les taux restaient longtemps à un niveau bas. À la lumière de ces défis, la Banque se penche sur les moyens d’améliorer son cadre et ses outils de politique monétaire.

« La Banque du Canada possède un cadre solide pour la conduite de la politique monétaire qui a fait ses preuves depuis près de 30 ans, a-t-elle fait remarquer. Nos démarches actuelles pour renouveler notre entente sur la maîtrise de l’inflation et notre boîte à outils solidifieront davantage ce cadre dans un monde caractérisé par le faible niveau des taux neutres. »

Mme Wilkins a déclaré que, malgré la faiblesse de la croissance tendancielle et du taux neutre, le Canada est loin d’être condamné à la stagnation séculaire, c’est-à-dire à une insuffisance chronique de la croissance et de la demande, comme celle qu’a combattue le Japon pendant plus de 20 ans. L’économie canadienne doit cela à ses facteurs fondamentaux : une population encore en expansion grâce à l’immigration, un secteur bancaire sain, ainsi qu’un taux d’inflation qui, maintenu à la cible depuis longtemps, ancre les attentes d’inflation près de 2 %.

La première sous-gouverneure a aussi fait valoir que le Canada et d’autres économies avancées auront besoin de mesures supplémentaires pour soutenir la prospérité à long terme : « Les meilleures politiques pour contrer la stagnation et améliorer le niveau de vie sont celles qui relèvent le niveau tendanciel de la croissance et font remonter le taux neutre. »

Cette responsabilité « nous revient à tous, décideurs publics et entreprises privées », a-t-elle conclu. « Il faudra adopter des politiques volontaristes et ambitieuses, aussi bien ici qu’à l’étranger. Les bénéfices sont clairs : nous résisterons mieux lorsque viendra le prochain ralentissement, et nous procurerons au Canada comme au reste du monde de nouvelles possibilités et une économie prospère à long terme. »