Notre réaction à la COVID-19 : Maintenir la liquidité des marchés

Quand la pandémie de COVID-19 a frappé le pays, la Banque du Canada a agi rapidement. Nous devions nous assurer que le système financier fonctionne assez bien pour soutenir le crédit. Il fallait donc remédier au manque de liquidité sur les marchés financiers, celle-ci étant la base des activités de prêt et d’emprunt dans l’économie.

Toni Gravelle
Toni Gravelle

Notre réaction à la COVID-19 : Maintenir la liquidité des marchés

Inscrivez-vous à nos alertes par courriel et ne manquez jamais un article de la Banque du Canada! Pour obtenir des mises à jour

Ce qu’est la liquidité des marchés

Le mot liquidité fait référence à la vitesse et à la facilité avec lesquelles on peut acheter ou vendre des actifs.

Une bonne façon d’évaluer la liquidité consiste à vérifier si le prix d’un actif doit être réduit, et de combien, pour le vendre dans un délai raisonnable.

Les maisons, par exemple, sont des actifs relativement illiquides. Leur vente peut prendre des semaines ou des mois, et les parties doivent souvent payer des coûts de transaction élevés (frais de courtage et autres). Selon les conditions du marché du logement, le vendeur peut devoir accepter un prix beaucoup plus bas pour accélérer la vente.

Les actifs financiers, comme les obligations du gouvernement du Canada, sont généralement beaucoup plus liquides que les maisons.

En fait, les obligations du gouvernement du Canada sont considérées comme un investissement tellement sûr que leur taux d’intérêt permet de déterminer d’autres taux de prêt.

Quand la sûreté ne suffit pas

Il arrive malgré tout qu’il soit anormalement difficile d’acheter ou de vendre des actifs, même si on les considère comme sûrs.

En général, cela se produit quand les investisseurs sur les marchés financiers commencent à avoir des doutes sur la situation économique.

Une plus grande incertitude peut causer une diminution de la liquidité des marchés, car les investisseurs commencent à se comporter de manière inhabituelle. Les opérations d’achat et de vente ralentissent beaucoup ou penchent nettement dans une direction.

Dans les cas extrêmes, comme la pandémie de COVID‑19, beaucoup d’investisseurs peuvent préférer les espèces aux actifs même les plus sûrs. Comme tout le monde a le même réflexe, cela nuit au fonctionnement du marché.

Toni Gravelle, sous-gouverneur

La liquidité des marchés est très importante

Les gouvernements et les entreprises empruntent sans cesse pour financer des projets comme la mise en œuvre de programmes sociaux ou la construction de nouvelles usines. Pour ce faire, ils émettent des titres d’emprunt comme des obligations, des bons du Trésor et du papier commercial. Ces titres sont ensuite négociés sur les marchés.

Les banques et les autres institutions financières empruntent aussi de l’argent par l’entremise de ces marchés, puis le prêtent à des entreprises et à des ménages.

Il est donc très important pour l’économie que les marchés où se négocient les titres d’emprunt fonctionnent bien.

Si ces marchés subissent des tensions ou cessent de fonctionner, toute la chaîne des activités de prêt et d’emprunt qui soutient l’activité économique peut se briser. Les gouvernements et les entreprises, y compris les banques, risquent alors d’avoir plus de difficulté à emprunter. Les banques et les autres prêteurs pourraient donc cesser de prêter aux ménages.

La liquidité et la COVID‑19

La liquidité est particulièrement importante pendant la pandémie de COVID‑19, car chaque sphère de l’économie a recours au crédit pour surmonter ces circonstances exceptionnelles :

  • Les gouvernements ont besoin d’un marché où écouler leurs obligations pour financer les dépenses engagées pendant la crise, idéalement à des taux d’emprunt raisonnables.
  • Les banques, les gestionnaires d’actifs et les autres fournisseurs de crédit comptent sur la liquidité des marchés financiers pour pouvoir accorder des prêts aux Canadiens et leur fournir des services de gestion de patrimoine.
  • Les entreprises ont besoin d’un marché où écouler leurs obligations pour continuer de payer leurs dépenses et les coûts d’exploitation malgré l’effondrement de leurs revenus. Elles dépendent du crédit pour verser les salaires de leurs employés et investir dans leur capacité de fabrication en vue de la reprise des commandes.
  • Les ménages ont recours au crédit pour leurs besoins essentiels, comme l’épicerie ou le paiement des factures, à un moment où beaucoup ont perdu leur emploi ou subi une réduction de leurs heures de travail.

Si les entreprises et les ménages au Canada avaient plus de mal à emprunter, les répercussions économiques de la COVID‑19 seraient sans doute plus importantes : on pourrait compter d’innombrables faillites et défauts de paiement sur les prêts hypothécaires.

Façons dont la Banque fournit des liquidités

Les banques centrales peuvent créer des liquidités en fournissant des espèces sous forme de prêts à court terme à des intermédiaires (ou agents) du système financier. Elles peuvent aussi acheter des obligations et d’autres titres d’emprunt. Ces opérations permettent notamment aux entreprises et aux gouvernements de verser des salaires ou de fournir des prestations d’urgence.

Au cours des premières semaines de la pandémie, nous avions utilisé tous les outils dont nous disposions pendant la crise financière mondiale de 2007-2009 pour soutenir le fonctionnement des marchés. Nous avons donc rapidement créé de nouveaux programmes.

Ces mesures renforcent les réductions apportées au taux directeur de la Banque, qui se situe maintenant à 0,25 %. C’est le taux le plus bas que nous prévoyons pour l’instant, car un taux égal ou inférieur à zéro pourrait nuire aux marchés et aux intermédiaires que nous essayons de soutenir.

Les faibles coûts d’emprunt sont le plus efficaces quand le système financier fonctionne bien, car ils peuvent alors profiter à toutes les sphères de l’économie.

Ensemble, les programmes de la Banque garantissent qu’il y ait assez de liquidités dans le système financier pour en assurer le bon fonctionnement, ce qui soutient le crédit.

Ainsi, les banques peuvent continuer d’accorder des prêts aux entreprises et aux ménages. Quant aux gouvernements, ils peuvent continuer d’emprunter sur les marchés, ce qui leur permet de reporter les paiements d’impôt et de financer des mesures essentielles comme celle de soutien temporaire du revenu de millions de Canadiens.

Toni Gravelle, sous-gouverneur

En soutenant le crédit, la Banque procure les moyens de traverser la crise. Elle ouvre ainsi la voie à une reprise solide quand les choses commenceront à revenir à la normale.



Faites-nous part de votre opinion!

Des commentaires ou suggestions? Remplissez notre formulaire.
Des questions? Envoyez-nous un courriel.


  1. Avez-vous trouvé cet article utile?
  2. Vous n’êtes pas un robot? Faites ce calcul pour le prouver.