La COVID-19 et le système financier

Le gouverneur Tiff Macklem parle des risques financiers découlant de la pandémie de COVID-19 qui touchent notre économie et qui pourraient déterminer la manière dont celle-ci se redressera. Il aborde aussi les risques financiers associés aux changements climatiques.

Regardez le gouverneur Macklem s’adresser par vidéoconférence à l’Institut du risque mondial à l’occasion du 10e anniversaire de l’organisme. Lisez le discours complet.

Le système financier aide la population canadienne, mais des risques demeurent

L’incidence de la pandémie sur la vie et les moyens d’existence des gens dépasse tout ce que nous avons connu de notre vivant.

Combinée aux mesures prises par le gouvernement et la Banque du Canada, la résilience du système financier aide les Canadiens à traverser la crise de la COVID‑19. La remontée sera toutefois longue et lente avant que tout le monde retrouve un emploi. De fait, une reprise complète après la crise prendra du temps, et de nombreux risques demeurent.

Plus la pandémie menace les emplois et les revenus longtemps, plus grands sont les risques que les ménages fortement endettés éprouvent des difficultés. Les programmes d’aide du gouvernement ont permis à la population de combler leurs besoins financiers durant la crise, et les prêteurs se sont montrés souples sur les paiements. Par contre, la période de report de six mois offerte par les institutions financières s’achève, et les prochains mois seront donc déterminants.

Les entreprises ont aussi du mal à couvrir le remboursement de leurs dettes en raison de la baisse de leurs revenus, surtout celles du secteur des services, comme les restaurants et les hôtels. Plus la reprise sera longue, plus ce problème pourrait aussi prendre de l’ampleur.

Le système financier canadien s’est montré résilient. Il continue de servir d’amortisseur, ce qui aide les ménages et les entreprises du pays à faire face aux conséquences économiques de la pandémie. »

Bien que les bas taux d’intérêt contribuent à soutenir la reprise, ils pourraient avoir des effets secondaires plus tard

L’endettement plus élevé des ménages, des entreprises et des gouvernements issu des mesures nécessaires prises pour traverser la crise actuelle influera sur la vulnérabilité du système financier dans l’avenir.

La Banque suivra de près l’évolution de la situation, puisqu’elle s’est engagée à garder les taux d’intérêt bas.

Les taux d’intérêt bas soutiennent le marché du logement, ce qui aide l’économie à se relever de la crise. Cependant, la Banque et d’autres autorités publiques seront attentives aux signes indiquant que :

  • les prix augmentent en raison de la spéculation,
  • les acheteurs s’endettent plus qu’ils ne peuvent se le permettre.

Ce qu’il faut retenir, c’est que les secteurs public et privé doivent l’un et l’autre être parfaitement conscients des risques et des vulnérabilités présents dans le système financier durant la phase de récupération de l’économie. »

Les risques financiers associés aux changements climatiques augmentent

La Banque s’efforce de comprendre l’incidence des changements climatiques sur l’économie et le système financier du pays.

Les dommages matériels à l’immobilier, aux infrastructures et à d’autres biens causés par des phénomènes météo comme des tempêtes et des feux de forêt vont presque certainement être plus fréquents dans les prochaines années. De plus, beaucoup d’entreprises sont exposées à d’importants risques liés à la transition vers une économie sobre en carbone.

La façon dont les entreprises mesurent et présentent leur exposition aux risques climatiques doit être à la fois fiable, cohérente et comparable d’une entreprise à l’autre. Les institutions financières doivent avoir elles aussi une vision claire de leurs expositions et transmettre cette information avec transparence. Donc, on doit pouvoir compter sur de l’information de meilleure qualité, qui allie l’analyse climatique aux données économiques et financières.

Conjointement avec les autres banques centrales et les organismes de surveillance du système financier, la Banque examine comment les entreprises devraient peser et communiquer les risques climatiques qui les concernent.

La mesure, la tarification et la gestion des risques climatiques nécessitent la mobilisation de tous, qu’il s’agisse du secteur privé, du secteur public ou du milieu de la recherche. »