A New Measure of Monetary Policy Shocks

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Dans leurs annonces, les banques centrales communiquent :

  • l’orientation de leur politique monétaire;
  • leur lecture des perspectives économiques.

Quand elles prévoient une accélération de la croissance, les banques centrales relèvent habituellement les taux d’intérêt pour stabiliser l’économie. Mais en publiant des taux plus élevés que ce qu’anticipait le marché, elles peuvent changer les perceptions des opérateurs, qui risquent alors de conclure que l’économie se porte mieux qu’escompté. Dans leur évaluation du degré de non-neutralité de la politique monétaire, les autorités et les chercheurs se doivent de différencier l’incidence de l’orientation de la politique monétaire et les effets de l’évolution des facteurs fondamentaux.

Pour mesurer cette incidence, je construis une série de chocs de politique monétaire et l’applique aux annonces du taux directeur faites par la Réserve fédérale. Plus précisément, j’analyse les mouvements de haute fréquence des taux d’intérêt dans la période de 30 minutes entourant ces annonces. Puisque les marchés sont susceptibles de revoir leurs attentes à l’égard des taux directeurs futurs, j’utilise les variations des taux des contrats à terme sur taux d’intérêt dont le règlement intervient dans le mois de l’annonce et les mois suivants. J’effectue ensuite une régression de ces mouvements de haute fréquence des taux sur les prévisions économiques que la Réserve fédérale publie avant chaque annonce. Le choc attribuable à l’orientation de la politique monétaire correspond à la part des mouvements de haute fréquence des taux d’intérêt qui n’est pas expliquée par les prévisions économiques.

J’estime les effets de la politique monétaire sur les marchés financiers et l’économie en prenant comme variable instrumentale le choc d’orientation de la politique monétaire. Mes résultats concordent avec ce que l’on observe normalement en cas de non-neutralité de la politique monétaire. Un choc d’orientation restrictive de la politique monétaire entraînera :

  • une révision à la hausse des prévisions du taux de chômage établies par le secteur privé
  • une révision à la baisse des prévisions d’inflation du secteur privé
  • un recul des cours des actions