Les auteurs de la présente étude sont parvenus à la conclusion qu'un modèle de correction des erreurs qui prévoit l'évolution du taux d'inflation entre le trimestre de la prévision et les huit trimestres subséquents fournit d'importants renseignements avancés sur l'évolution de l'inflation. Les auteurs se concentrent sur les effets des déviations de M1 par rapport à son niveau de long terme, mais ils incorporent également au modèle, entre autres variables, l'influence du taux de change, une mesure simple de l'écart de production et le niveau des prix antérieurs.

Dans les prévisions hors échantillon qui sont faites depuis 1978 sur l'évolution de l'inflation dans un intervalle de huit trimestres, le modèle de correction des erreurs affichait une erreur moyenne absolue à peine supérieure à un point de pourcentage et une erreur quadratique moyenne à peine inférieure à deux points de pourcentage. Depuis le début des années 80, les erreurs moyennes absolues et les erreurs quadratiques moyennes étaient les unes comme les autres inférieures à un point de pourcentage. Sauf pour 1982, le modèle s'est par ailleurs bien comporté aux points de retournement lors des expériences menées en dehors de la période d'estimation.

Une interprétation possible de ces résultats est que les déséquilibres monétaires - représentés ici comme des déviations de M1 par rapport à son niveau de long terme - font partie intégrante du processus inflationniste. Cela signifie que, dans le présent modèle, un « déséquilibre monétaire » précède l'inflation et persiste à l'échelle globale jusqu'à ce qu'un changement de prix intervienne pour rétablir l'équilibre monétaire.