Les auteurs élaborent un modèle théorique de recherche afin d'étudier l'interaction entre l'activité bancaire et la politique monétaire, tout comme l'incidence de cette interaction sur l'allocation des ressources et le bien-être. L'activité bancaire est un facteur d'atténuation : c'est la première conclusion que les auteurs tirent de l'analyse du rôle de l'activité bancaire au regard des coûts de l'inflation sur le plan du bien-être. Ils montrent en second lieu qu'abaisser l'inflation accentue le bien-être, non seulement parce que cette action réduit les distorsions de la consommation et de la production, mais encore parce qu'elle permet d'éviter les coûts d'intermédiation. Saisir, par conséquent, la nature du coût d'intermédiation est capital si l'on veut évaluer au plus près le gain de bien-être attendu d'une cible d'inflation moins élevée. S'agissant de la façon dont la politique monétaire modifie les effets de l'activité bancaire sur le bien-être, les auteurs font deux constats. D'abord, si l'intermédiation bancaire améliore toujours l'efficience productive, le bien-être n'augmente cependant qu'à condition que les banques disposent d'une technologie efficiente (surtout au sein d'une économie à basse inflation). Ensuite, les effets de l'activité bancaire sur le bien-être dépendent de la politique monétaire. Ainsi, l'intermédiation est limitée en régime de basse inflation mais s'accroît et favorise le bien-être quand l'inflation est forte; à un taux d'inflation modéré, elle est dynamique mais diminue le bien-être. L'enchaînement d'effets, révélé à l'équilibre général, explique que l'activité bancaire soit soutenue à l'équilibre même si, sans elle, le bien-être progresserait.

Publication :

Macroeconomic Dynamics (1365-1005)
Avril 2011, vol. 15, supplément S1, p. 83-118