Utilisant des microdonnées qui proviennent de l'Enquête sur la sécurité financière menée en 1999 et en 2005, les auteurs examinent l'évolution de la dette des ménages et ses implications éventuelles pour la politique monétaire et la stabilité financière. Ils étudient l'accroissement du ratio de la dette au revenu, qui est passé de 0,75 à 0,95 en moyenne. La hausse des ratios d'endettement s'explique par l'augmentation de 50 % des soldes hypothécaires dans la population d'âge moyen, le doublement des prêts sur cartes de crédit chez les ménages de plus de 55 ans et le fait que les lignes de crédit garanties par l'avoir propre foncier ont quadruplé pour les propriétaires de petites entreprises et les ménages sans diplôme d'études secondaires.

Les auteurs estiment que le changement le plus marquant de la période 1999-2005 est la croissance des ratios de la dette au revenu parmi les ménages du quintile de revenu le plus bas, ce qui est révélateur d'une sensibilité accrue à la hausse des taux d'intérêt ou aux chocs négatifs pour le revenu – en particulier chez les propriétaires à faible revenu qui, en 2005, consacraient 72 % de celui-ci à leurs obligations hypothécaires totales. Parallèlement, l'augmentation de la part des actifs immobiliers dans les portefeuilles, principalement dans les groupes d'âge moyen, semble indiquer que les bilans des ménages sont devenus plus sensibles à l'évolution du marché du logement. Les auteurs constatent que, outre les ménages pauvres, les ménages qui ont déjà fait faillite, les jeunes ménages et les travailleurs autonomes sont davantage endettés et, par conséquent, plus à risque.