En Chine, certains taux d’intérêt (les taux interbancaires et les rendements obligataires) sont établis par le marché, alors que d’autres (les taux des prêts aux ménages et aux entreprises et les taux de rémunération des dépôts) sont administrés. Cet état de choses traduit le processus graduel de libéralisation des taux en cours dans ce pays. Pour analyser les grands déterminants des taux interbancaires, les auteurs élaborent un modèle théorique stylisé du marché interbancaire chinois et estiment un modèle EGARCH pour les taux des pensions interbancaires à sept jours. Leurs résultats empiriques indiquent que les mouvements des taux administrés (l’un des moyens d’intervention de la Banque populaire de Chine) sont des déterminants clés du niveau et de la volatilité des taux du marché interbancaire. Les effets d’annonce des changements des exigences en matière de réserves se répercutent également sur les taux interbancaires, tout comme les injections de liquidité effectuées par le biais d’opérations d’open market ces dernières années. Les résultats montrent aussi que l’administration des principaux taux d’intérêt offerts aux ménages et aux entreprises influe sur le comportement des taux pratiqués sur le marché interbancaire, ce qui a pu limiter la capacité de ceux-ci à donner des signaux tarifaires indépendants. Une libéralisation plus poussée des taux de rémunération des dépôts devrait permettre aux taux interbancaires à court terme de jouer un rôle plus efficace en tant que premier outil d’intervention indirecte des autorités monétaires.