Les études existantes sur les rendements découlant de la sélection des établissements universitaires ont produit des résultats contradictoires, en raison principalement de la difficulté de prendre en compte les critères basés sur des aptitudes inobservables utilisés pour le choix des établissements plus sélectifs. Par ailleurs, les analyses de l’incidence de cette sélection sur les perspectives des diplômés ne prenaient pas en considération l’obtention d’un diplôme de cycle supérieur. L’auteure estime les rendements apportés, sur le plan du salaire et de l’obtention d’un diplôme de cycle supérieur, par le choix d’un programme d’étude universitaire de premier cycle de quatre ans aux États-Unis. En développant le modèle établi par Carneiro, Hansen et Heckman (2003), elle parvient à rendre compte tant de la sélection fondée sur des critères observables que de la sélection qui s’appuie sur des qualités non observables. Il existe deux canaux par lesquels la sélection influe sur les perspectives des diplômés : le premier est l’incidence de la sélection sur les salaires, que les étudiants aient obtenu ou non un diplôme de cycle supérieur; le second canal est l’effet de la sélection sur la probabilité d’obtenir un diplôme de cycle supérieur ainsi que sur le salaire des diplômés des cycles supérieurs. Les résultats de l’étude montrent que l’incidence du premier facteur est plus importante que celle du second, mais que les deux ont peu d’influence.