Comparing Forward Guidance and Neo-Fisherianism as Strategies for Escaping Liquidity Traps

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Quelle trajectoire les banquiers centraux devraient-ils choisir pour le taux nominal lorsqu’ils sont confrontés à une trappe à liquidité qui se produit dans un contexte marqué par la contrainte de la valeur plancher? Il était jusqu’ici admis que les banques centrales devaient s’engager à garder les taux bas sur une longue période (plus particulièrement en utilisant des indications prospectives). Or, Cochrane (2016) et d’autres chercheurs ont préconisé récemment des politiques néo-fishériennes qui fixent les taux à un niveau élevé, dans l’espoir que l’effet Fisher entraîne à terme une hausse de l’inflation. Nous comparons l’utilisation de ces deux stratégies proposées afin de faire sortir l’économie d’une trappe à liquidité : nous soutenons que leurs atouts respectifs dépendent vraisemblablement du mécanisme à l’origine de la trappe. Plus précisément, nous montrons que les banquiers centraux devraient différencier les trappes issues d’un choc, qui suivent des chocs de demande négatifs importants (Eggertsson et Woodford, 2003), et les trappes issues des anticipations, qui naissent d’un retournement autoréalisateur des anticipations du secteur privé (Benhabib et autres, 2001). Cette distinction s’avère nécessaire parce que les indications prospectives sont probablement la meilleure stratégie dans le premier cas, alors que le second cas de figure plaiderait en faveur d’une stratégie néo-fishérienne, dans la mesure où le fait de maintenir des taux bas sur une longue période pourrait conforter les croyances pessimistes à la base d’une trappe à liquidité issue des anticipations. Les stratégies empiriques qui aident à différencier ces deux mécanismes offrent une avenue prometteuse pour la recherche; cependant, nous montrons pour conclure que la trappe à liquidité issue d’un choc constitue probablement une explication plus plausible de la faible inflation observée dans bon nombre de pays développés au cours de la Grande Récession et après.