Les modèles d’équilibre servant à l’évaluation des obligations reposent sur l’hypothèse que l’inflation a pour effet de freiner la croissance future, ce qui se traduit par une courbe des rendements nominaux ascendante. Nous concevons un modèle pouvant générer des courbes ascendantes pour les rendements nominaux et réels, en tenant compte d’un certain degré d’ambiguïté à l’égard de l’inflation et de la croissance. Cette ambiguïté peut contribuer à expliquer l’étonnante persistance des courbes de rendement ascendantes en dépit des chocs d’inflation positifs, qui ont eu des répercussions positives plutôt que négatives sur la croissance au cours des vingt dernières années. Les investisseurs fondent leurs décisions sur l’hypothèse que le pire des scénarios se réalisera, et dans ce cadre, l’hypothèse relative aux attentes se vérifie globalement. Or, l’évolution de l’inflation et de la croissance au fil du temps ne reflète pas l’hypothèse du pire scénario, et cette différence fait en sorte qu’il est possible de prévoir les excédents de rendement des obligations à long terme. Les résultats obtenus à l’aide de notre modèle concordent également avec les analyses empiriques récentes de la structure par terme des rendements des actions.