Comme la Banque du Canada a commencé à procéder à des relèvements du taux directeur pour réduire la détente monétaire en place, il importera de surveiller la transmission de ces changements de la politique monétaire. Les sous-composantes de la consommation et du logement risquent de réagir différemment à un resserrement de la politique monétaire, tant pour ce qui est des effets globaux que du moment où ces réactions se manifesteront. Ces différences peuvent fournir des renseignements utiles pour assurer le suivi de la transmission des modifications de la politique monétaire ainsi que pour surveiller la réactivité des ménages à ces changements. Pour mesurer les effets des chocs de politique monétaire sur les dépenses des ménages, nous estimons un modèle empirique. Nous constatons que ces chocs auront sur les investissements résidentiels une incidence plus grande (et habituellement plus rapide) que sur la consommation. Dans les catégories des dépenses réelles des ménages sensibles aux taux d’intérêt, les effets se font, en moyenne, le plus sentir sur le niveau des dépenses au bout d’environ sept trimestres. S’agissant des investissements résidentiels, ce sont les constructions neuves et les coûts de transfert de propriété qui sont les plus touchés. Enfin, concernant la consommation, les biens durables et les articles jugés très discrétionnaires (p. ex., dépenses de restaurant et services d’hébergement) sont les composantes les plus sensibles aux chocs de politique monétaire.