Dans la présente étude, nous examinons la mesure dans laquelle l’offre (la demande) excédentaire sur les marchés du travail participe à une baisse (hausse) du taux de croissance des salaires nominaux moyens. En appliquant une méthode d’estimation à des données de panel provenant de dix économies avancées pour la période de 1992 à 2018, nous obtenons une spécification de la courbe de Phillips des salaires de forme réduite qui est compatible avec un cadre néo-keynésien. Nous constatons que plusieurs indicateurs du sous-emploi des ressources sur les marchés du travail ont des effets comparables sur la croissance des salaires nominaux. Ces indicateurs sont : les taux de chômage; les écarts de chômage; les ratios emploi-population des travailleurs dans la force de l’âge; un indicateur composite du marché du travail établi à partir d’une analyse en composantes principales d’un large ensemble de données sur la population active; et les taux de chômage par durée. Selon nos résultats, bien que la courbe de Phillips des salaires semble s’être aplatie depuis la crise financière mondiale de 2008, la relation entre le taux de chômage et la croissance des salaires apparaît encore très significative. Nous constatons que le taux de chômage de longue durée (plus de six mois) influe davantage sur la croissance des salaires depuis 2008. Nous étudions aussi la forme de la courbe de Phillips et nos résultats semblent indiquer que la relation entre le sous-emploi des ressources sur le marché du travail et la croissance des salaires nominaux est convexe, surtout avant la crise. Enfin, par des régressions segmentées, nous tentons de déterminer la présence de rigidités nominales, mais les résultats obtenus à partir des données agrégées à l’étude sont peu concluants.