Faire face à l’incertitude extrême

La gestion des risques aide la Banque à composer avec l’incertitude économique et politique, a expliqué le gouverneur Stephen S. Poloz, lors de la dernière conférence de son mandat. Il a aussi exposé la pertinence de cette approche dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

Regardez le gouverneur Poloz prononcer la conférence commémorative Eric J. Hanson à partir de notre siège à Ottawa.

L’approche de gestion des risques de la Banque

La gestion des risques est importante pour le ciblage de l’inflation, car beaucoup de paramètres de l’économie ne peuvent pas être définis avec précision.

Cette approche ne veut pas dire faire fi des modèles sophistiqués utilisés par les banques centrales comme point de départ de leurs prévisions et de leurs décisions de politique monétaire.

Il s’agit plutôt de repérer les risques les plus graves pour les perspectives d’inflation et l’économie, et de concevoir des mesures qui permettront de gérer ces risques tout en maintenant le cap sur notre cible d’inflation.

Parfois, cela exige de faire preuve de souplesse quant au temps nécessaire pour ramener l’inflation à sa cible de 2 %, ce qui reste notre grand objectif.

Comment nous gérons concrètement les risques

Une très grande incertitude a plané sur l’économie et le climat politique mondiaux ces dernières années.

Pour gérer des risques plus importants que jamais, nous avons dû changer nos façons de mener et de communiquer la politique monétaire  :

  • Nous utilisons plusieurs modèles pour comparer ce que montrent les données.
  • Nous évaluons la situation économique à l’aide de données qualitatives recueillies dans le cadre d’enquêtes auprès des consommateurs et des entreprises, et de conversations avec des chefs d’entreprise et des participants aux marchés financiers.
  • L’un des grands objectifs de nos communications est d’aider la population à comprendre ce que fait la Banque et pourquoi elle le fait.

Nous devons présenter notre évaluation des événements et des enjeux qui influent sur nos décisions tout en faisant preuve de franchise quant à la grande incertitude inhérente à la formulation de la politique monétaire. »

La gestion des risques dans le contexte de la COVID-19

La pandémie a créé un nouvel ensemble de risques et d’incertitudes.

L’évolution du marché du travail, des investissements des entreprises et de l’endettement des ménages, des gouvernements et des entreprises dépendra du temps qu’il faudra pour vaincre le virus. Et voilà la plus grande incertitude actuelle.

Pour faire face à cette incertitude, nos priorités sont d’aider la population et l’économie et de maintenir notre cible d’inflation. Pour ce faire, nous jetons les bases d’une reprise solide :

  • Nous avons réduit les taux d’intérêt au niveau le plus bas possible.
  • Nous avons pris des mesures pour soutenir le système financier, afin que les ménages et les entreprises puissent obtenir du crédit et que les gouvernements soient en mesure de financer leurs grands programmes d’aide.

Certains observateurs s’inquiètent que nos mesures finissent par causer de l’inflation. Mais notre préoccupation immédiate est plutôt d’éviter la déflation, soit la chute des prix, qui constitue un risque bien plus grand.

L’incertitude extrême causée par la COVID-19 renforce l’urgence d’analyser nos propres interventions et celles des autres banques centrales pour mettre à jour et améliorer notre approche de la gestion des risques.

Cette aptitude à sans cesse apprendre sera absolument essentielle en cette période d’inconnu. »