Les habitudes d’achat en temps de pandémie

Le sous-gouverneur Lawrence Schembri explique comment la COVID-19 a modifié les dépenses des ménages. Il dit que la reprise devrait se dérouler en deux temps : la réouverture de l’économie sera suivie d’une période de récupération marquée par une croissance graduelle et en dents de scie.

Regardez le sous-gouverneur Schembri s’adresser à la Chambre de commerce du Grand Saskatoon par vidéoconférence.

Les ménages dépensent différemment

La fermeture de l’économie a fait chuter l’emploi et la confiance. Un grand nombre de commerces ont fermé et des services ont cessé d’être offerts.

Non seulement les Canadiens dépensent moins en ce moment, mais ils ne font plus les mêmes achats et ne magasinent plus comme avant :

  • Les gens privilégient les produits de première nécessité comme les aliments, les produits de nettoyage et les produits de soins personnels.
  • Les achats de voitures, de vêtements et de chaussures – compliqués sous confinement strict – sont en net recul.
  • Les dépenses en divertissements, en voyages et en services divers comme la coiffure ont cessé.
  • Les ventes en ligne sont en hausse de 40 % par rapport à 2019.
  • Les ventes de maisons ont été touchées, les inscriptions et les visites étant devenues difficiles.

Ces changements se répercutent sur les prix et sur la façon de mesurer l’inflation. Le panier de biens et services typique de la consommation des ménages en temps normal n’est pas représentatif des dépenses des Canadiens à l’heure actuelle.

La première phase de la reprise : réouverture et rebond partiel

L’activité a déjà repris dans certains secteurs. L’emploi, les revenus et les dépenses devraient s’accroître à la faveur de l’ouverture progressive de l’économie.

Les consommateurs reprennent confiance. Les achats qu’ils ont reportés durant le confinement stimulent les ventes de vêtements, de services de soins personnels et d’automobiles, entre autres. La revente de logements s’est déjà redressée sur les grands marchés.

Les Canadiens empruntent moins fréquemment, en partie parce qu’ils ne dépensent plus autant qu’avant la pandémie. Ils bénéficient aussi des reports de paiements sur les prêts hypothécaires, les cartes de crédit et d’autres prêts.

Les données récentes indiquent qu’une reprise est entamée et qu’une situation plus grave a pu être évitée grâce aux mesures exceptionnelles prises par les gouvernements fédéral et provinciaux et par la Banque du Canada.

La seconde phase : une récupération lente et graduelle

Après le rebond initial, le rythme, la vigueur et l’ampleur de la reprise sont plus difficiles à prévoir. L’état de l’économie dépendra de l’évolution du virus, mais aussi de l’emploi, des revenus et de la confiance.

La croissance de l’emploi sera inégale. Les secteurs les plus touchés – la restauration et le commerce de détail, par exemple – ont généralement un taux de roulement élevé. Ainsi, il pourrait être plus facile de réembaucher dans ces secteurs. Il reste que la reprise pourrait être plus lente dans les régions productrices d’énergie, déjà éprouvées.

Les femmes constituant la majorité des travailleurs dans les services, elles ont été particulièrement touchées par les fermetures. Le manque de services de garde risque aussi de compliquer leur retour au travail.

Une reprise beaucoup plus lente attend certaines branches d’activité comme les voyages, la restauration en salle en manger et les événements culturels et sportifs. Les Néo-Canadiens ont contribué au raffermissement des marchés du logement avant la pandémie; un recul de l’immigration pourrait donc ralentir la reprise dans ce secteur.

Cette phase de récupération comporte énormément d’incertitudes et se réalisera probablement de façon graduelle et durable, à mesure que ces incertitudes se dissipent et que la confiance des ménages se rétablit.