Soutenir les marchés en périodes difficiles

Le sous-gouverneur Toni Gravelle parle des mesures prises par la Banque du Canada pour assurer le bon fonctionnement des marchés durant la pandémie de COVID-19, et de l’abandon prévu de certains programmes.

Le sous-gouverneur Toni Gravelle s’adresse à la CFA Society Toronto par vidéoconférence. Lisez le discours complet.

Prêteur de dernier ressort

La Banque du Canada assume le rôle important de prêteur de dernier ressort pour le système financier. C’est notre responsabilité de soutenir les banques et les marchés financiers en temps de crise pour que les ménages, les entreprises et les administrations publiques puissent accéder au crédit.

Quand la COVID-19 a frappé, les marchés financiers ont été envahis par l’incertitude. Ils se sont paralysés parce que :

  • presque tout le monde cherchait à vendre ses actifs;
  • presque personne ne voulait les acheter.

Nous avons donc rapidement mis en place plusieurs programmes visant à injecter temporairement des liquidités dans le système financier et, ainsi, à assurer le bon fonctionnement des marchés. Ces programmes ont fait gonfler notre bilan, qui atteint maintenant près de 575 milliards de dollars – soit plus de quatre fois sa taille d’avant la pandémie.

La liquidité joue un rôle essentiel : c’est elle qui fait qu’on peut acheter, vendre, prêter et emprunter assez facilement. Elle est en quelque sorte "l’huile" qui fait tourner les rouages des marchés. »

À grand pouvoir, grandes responsabilités

Quand nous agissons à titre de prêteur de dernier ressort, nous devons prévenir l’aléa moral, c’est-à-dire la prise de risques inutiles par ceux qui pensent être protégés des conséquences.

Lorsque nous aidons les marchés financiers et les institutions financières en temps de crise, nous devons le faire de façon à ne pas encourager les participants aux marchés à prendre des risques excessifs une fois de retour à la normale. Il est donc important de réduire les programmes et les outils que nous utilisons pour soutenir l’économie quand ils ne sont plus nécessaires.

C’est pourquoi nous avons commencé à ajuster nos programmes l’automne dernier, quand les conditions se sont améliorées.

Certains des actifs à plus court terme que nous avons achetés sont déjà arrivés à échéance et sont sortis de notre bilan. Celui-ci devrait donc diminuer pour s’établir à environ 475 milliards de dollars d’ici la fin du mois d’avril. Et au cours du printemps, nous suspendrons ou éliminerons plusieurs des programmes mis en place pour soutenir les marchés pendant la crise.

Ajuster notre programme d’assouplissement quantitatif

Les obligations du gouvernement du Canada sont l’actif le plus important à notre bilan. Quand les taux d’intérêt sont à leur plus bas niveau et que nous procédons à des achats massifs de ces obligations pour soutenir l’activité économique, c’est ce qu’on appelle faire de l’assouplissement quantitatif.

Acheter de grandes quantités d’obligations du gouvernement du Canada contribue à :

  • réduire le taux de rendement de ces obligations;
  • maintenir les autres taux d’intérêt – comme ceux des prêts hypothécaires et d’autres emprunts – à un niveau bas, pour que les ménages et les entreprises continuent de dépenser et d’investir;
  • ramener l’inflation à sa cible de 2 %.

Depuis que nous avons lancé notre programme d’assouplissement quantitatif, nous avons surveillé de près l’activité économique et l’état de la reprise. Nous comptons ajuster le rythme de nos achats d’obligations à mesure que l’économie prendra de la vigueur. Nous finirons par atteindre un rythme qui maintiendra – mais n’augmentera plus – le degré de détente monétaire.

Lâcher l’accélérateur ne veut pas dire appuyer sur les freins. »