Monetary Policy, Trends in Real Interest Rates and Depressed Demand

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Au cours des dernières décennies, les taux d’intérêt réels se sont inscrits en baisse dans de nombreux pays. L’explication la plus courante est que ces tendances reflètent la faiblesse de la demande, qui s’explique par des facteurs démographiques et technologiques et d’autres facteurs réels, tels que les inégalités de revenu. Dans la présente étude, nous examinons l’hypothèse selon laquelle ces tendances ont pu être amplifiées par certaines caractéristiques de la politique monétaire. Nous montrons que, quand la demande à long terme d’actifs par les ménages présente une relation en forme de C par rapport aux taux d’intérêt réels, ce que nous expliquons par la volonté des ménages de constituer un héritage, la politique monétaire est susceptible d’influer sur les propriétés de l’état stationnaire même si la monnaie est neutre à long terme. Plus précisément, notre étude révèle que, si la politique monétaire réagit vigoureusement à l’inflation, cela soutient un état stationnaire où l’inflation avoisine la cible de la banque centrale. Toutefois, la même politique vigoureuse favorise simultanément l’apparition, et la coexistence, d’un deuxième état stationnaire stable et déterminé où le taux d’intérêt réel et l’inflation sont tous deux moins élevés et où la politique monétaire est limitée par la valeur plancher. Nous expliquons également comment la politique budgétaire peut être utilisée pour s’échapper de cette trappe de bas taux d’intérêt réel et de basse inflation qui pourrait provoquer une réaction discontinue de l’inflation à long terme.