L'économie canadienne s'est assez bien sortie de la période de volatilité sur les marchés financiers et du ralentissement économique à l'échelle mondiale qui ont marqué les dernières années, et elle affiche une bonne tenue depuis le début de 1999, a affirmé le gouverneur de la Banque du Canada, M. Gordon Thiessen, lors d'une allocution qu'il a prononcée aujourd'hui devant la Chambre de commerce de la région sherbrookoise.

« L'incertitude qui régnait sur la scène internationale est en train de se dissiper », a-t-il déclaré, expliquant que « les baisses de taux d'intérêt opérées un peu partout dans le monde (...) ont contribué à restaurer la confiance des investisseurs et à apaiser les marchés financiers mondiaux. » Il a par ailleurs ajouté que l'économie américaine continue de prospérer, et que la vigueur qu'elle affiche est supérieure aux projections de la plupart des prévisionnistes. La robustesse de l'économie des États-Unis constitue pour le Canada l'aspect le plus positif de la conjoncture économique internationale. Cette forte demande américaine de produits canadiens et la reprise de la dépense intérieure se sont traduites par une saine progression de l'emploi.

Pour ce qui est de l'avenir, il a signalé que « le retour au calme sur les marchés financiers, la croissance de l'emploi et l'assouplissement des conditions monétaires devraient stimuler la dépense des entreprises et des ménages canadiens. Ces facteurs, conjugués à la demande soutenue aux États-Unis et à l'amélioration de notre compétitivité, devraient continuer d'alimenter l'expansion de l'économie canadienne », a-t-il indiqué.

Il a toutefois souligné qu'il est impossible d'établir à quel moment exactement une reprise ferme des marchés des produits de base aura lieu et, par conséquent, de prévoir avec plus de précision la vigueur future de notre économie, puisque la situation économique et financière est encore fragile et que l'évolution de la situation au Japon demeure toujours une inconnue.

Le gouverneur a déclaré que l'amélioration de la situation financière mondiale ne doit pas faire oublier à la communauté internationale l'importance de prendre des mesures en vue d'empêcher d'autres crises ou de réduire au maximum leurs répercussions.

À l'heure actuelle, des efforts concertés à l'échelle mondiale sont faits dans trois domaines; ils visent à renforcer les systèmes financiers, à faire en sorte que les pays appliquent des politiques macroéconomiques et financières responsables et à ce que des méthodes efficaces de gestion des crises soient mises au point.

Les mesures destinées à accroître la solidité des systèmes financiers portent sur les conventions comptables, les normes régissant la divulgation de l'information, les cadres de réglementation et de supervision et les procédures de faillite.

Il est reconnu qu'un pays doit d'abord et avant tout appliquer des politiques macroéconomiques responsables ne laissant aucune place aux déficits et à l'endettement excessifs du secteur public et visant un taux d'inflation bas et stable. M. Thiessen a ajouté que les crises qui ont secoué dernièrement l'Asie du Sud-Est et le Brésil portent à croire qu'« une plus grande flexibilité du taux de change aurait aidé les emprunteurs et les prêteurs à mieux prendre conscience des risques de change ».

Le gouverneur a aussi affirmé que les mécanismes de gestion et de résolution des crises futures doivent faire en sorte que les prêteurs du secteur privé portent une juste part du fardeau financier qui découle des crises.

Pour conclure, M. Thiessen a mentionné que « la communauté internationale fait de grands efforts pour que soit renforcé le système financier mondial ». « Le Canada a tout intérêt à ce qu'un système financier international plus fort et plus stable soit en place, et il appuie fermement toutes les initiatives qui tendent vers cet objectif. »