Les économistes ne s’entendent pas sur le choix des facteurs qui sont à l’origine de l’augmentation importante des inégalités résiduelles de salaire observée aux États-Unis depuis les dernières décennies. Nous identifions et estimons les paramètres d’un modèle général des valeurs résiduelles du logarithme des salaires qui intègre : 1) des rendements fluctuants des compétences non observées, 2) des distributions changeantes des compétences non observées, et 3) des changements dans la volatilité des salaires causés par des facteurs non liés aux compétences. À partir des données de panel de l’étude sur la dynamique des revenus, nous estimons que le rendement des compétences non observées a enregistré un recul allant jusqu’à 50 % depuis le milieu des années 1980 en dépit d’une hausse appréciable des inégalités résiduelles. La variance des compétences a plutôt augmenté au cours de la période en raison d’une plus grande variabilité de la croissance des compétences durant le cycle de vie. Enfin, nous élaborons un modèle d’affectation de la main-d’oeuvre sur le marché du travail et montrons que les facteurs liés à la demande et à l’offre ont ensemble contribué à la tendance à la baisse du rendement des compétences au fil du temps, les facteurs associés à la demande étant prépondérants chez les hommes qui n’ont pas fait d’études post-secondaires.