Prendre le pouls du système financier canadien

Le sous-gouverneur Toni Gravelle explique comment la Banque surveille de près le système financier, alors que l’économie se relève du coup porté par la pandémie.

Regardez le sous-gouverneur Gravelle s’adresser à l’Autorité des marchés financiers par vidéoconférence. Lisez le discours complet.

L’une des grandes fonctions de la Banque du Canada est de promouvoir la stabilité et l’efficience du système financier – en période de prospérité comme en période de crise. Vous comprendrez mieux pourquoi en lisant L’Économie claire et simple.

Le système financier canadien est résilient

Avant la pandémie de COVID‑19, la Banque se préoccupait des risques touchant le système financier qui étaient susceptibles de nuire au bien-être économique des Canadiens en cas de récession. Des risques comme les niveaux élevés d’endettement des ménages et la surchauffe des marchés du logement. Mais grâce à sa résilience et à la riposte ciblée des pouvoirs publics face à la pandémie, le système financier n’a pas connu de tensions généralisées.

Très tôt, la Banque est intervenue rapidement pour rétablir et soutenir le fonctionnement des marchés, et le gouvernement fédéral a lancé plusieurs programmes de soutien pour aider des millions de ménages et d’entreprises à compenser leurs pertes de revenus. »

Les risques pesant sur les ménages, les entreprises et les marchés demeurent

Comme nous l’avons dit dans notre Revue du système financier de mai 2020, plus les effets de la pandémie sur les emplois et les revenus se prolongent, plus il y a de risques que les ménages et les entreprises éprouvent des difficultés financières. Dans les premiers temps, nous avons aussi observé des tensions sur le fonctionnement des marchés. Six mois plus tard, nous avons une meilleure idée des répercussions de la COVID‑19.

Ménages

Les programmes gouvernementaux de soutien au revenu et les reports de remboursement de prêt offerts par les institutions financières ont aidé les ménages à surmonter la crise initiale. Les gens ont pu continuer de rembourser leurs emprunts, et nous observons une baisse des niveaux d’endettement des ménages et des consommateurs. Cela incite à l’optimisme.

Nous allons continuer de surveiller de près les niveaux d’endettement des ménages, surtout du fait que les taux d’intérêt vont rester bas pendant un certain temps.

Entreprises

La pandémie a durement touché de nombreuses entreprises partout au pays. Ce sont les entreprises qui dépendent d’interactions en personne qui ont souffert le plus, notamment dans les secteurs suivants :

  • transport
  • arts et divertissement
  • hébergement et restauration

La subvention salariale et la subvention pour le loyer ont contribué à maintenir le nombre de faillites à un bas niveau, mais nous devrons surveiller l’incidence de la multiplication des fermetures localisées sur la reprise à long terme.

Fonctionnement des marchés

L’incertitude étant élevée, il est essentiel que les marchés continuent de fonctionner, pour apporter aux ménages et aux entreprises le soutien dont ils pourraient avoir besoin à l’avenir.

Au début de la pandémie, nous avons mis en place des programmes d’achat d’actifs et des facilités de liquidité qui ont gardé le système financier sur les rails. Depuis, nous avons été en mesure d’arrêter certains de ces programmes. Mais nous n’hésiterons pas à les réactiver si nécessaire.

La Banque restera attentive aux vulnérabilités

Nous prenons le pouls de l’économie canadienne de plusieurs façons, notamment grâce à notre enquête sur le système financier, dont nous avons publié les résultats la semaine passée. La majorité des professionnels du secteur financier qui ont participé à la dernière enquête se sont déclarés plutôt sûrs que le système financier pourrait résister à un autre choc, mais ils étaient aussi d’avis que les risques et les vulnérabilités sont plus grands.

Nous devons encore surveiller l’accumulation des vulnérabilités du système financier et demeurer vigilants alors que l’économie se remet de cette crise. Mais nous ne devons pas non plus perdre de vue les enjeux persistants qui sont également déterminants pour la stabilité financière, tels que les changements climatiques et les cyberrisques. »