Le virage numérique a aidé l’économie durant la pandémie

Le sous-gouverneur Timothy Lane parle de la décision annoncée par la Banque hier de laisser le taux directeur inchangé. Il explique aussi comment l’adoption des technologies numériques a soutenu la résilience durant la pandémie de COVID-19.

Le sous-gouverneur Lane s’adresse aux membres d’Advocis des sections de l’Ouest canadien par vidéoconférence. Lisez le discours complet.

Le taux directeur reste inchangé

Nous avons décidé de maintenir le taux directeur à 0,25 %.

L’économie canadienne est en voie de rétablissement

Notre économie commence à se remettre de la pandémie.

Les mesures de confinement ont réduit le nombre de cas et les campagnes de vaccination accélérées nous donnent des raisons d’être optimistes. De plus, l’économie croît, les dépenses des ménages augmentent et les prix mondiaux du pétrole et d’autres produits de base sont en hausse. Toutefois, les chiffres de l’emploi au Canada étaient faibles ce printemps, à cause des revers infligés par les deuxième et troisième vagues de la pandémie.

Pour ce qui est de l’inflation, c’est un peu plus compliqué que d’habitude. Les prix ont rebondi par rapport à 2020 et, parfois, dans de très fortes proportions. L’inflation se situe maintenant au-dessus de la cible de 2 %, soit autour de 3,5 %. Cela tient principalement au fait qu’on calcule l’inflation en comparant les prix actuels avec ceux de l’an passé. Dans ce cas-ci, cela correspond au moment où les prix se sont effondrés en raison de la pandémie.

Nous nous attendons à ce que l’inflation avoisine 3 % durant l’été, puis qu’elle diminue plus tard dans l’année, compte tenu de la marge de capacités excédentaires subsistant dans l’économie. »

La numérisation a soutenu – et changé – l’économie

La reprise vigoureuse de l’économie est attribuable en partie au fait que les ménages et les entreprises se sont mieux adaptés à la pandémie que nous l’avions prévu, principalement en raison de la transformation numérique de l’économie canadienne. Nous avons réussi à éviter des chocs économiques négatifs plus graves grâce à la possibilité de :

  • travailler à distance;
  • faire des achats en ligne;
  • soutenir les restaurants au moyen de la livraison sans contact.

Le virage numérique a aussi changé le marché de l’emploi. En effet, il y a une plus grande demande pour les travailleurs qui soutiennent l’économie numérique, comme les chauffeurs-livreurs, les employés d’entrepôt et les personnes qui ont les connaissances techniques pour aider les entreprises à adopter des technologies numériques.

Cependant, nous ne pouvons pas ignorer les défis liés à cette transformation numérique :

  • Les entreprises ont du mal à trouver des travailleurs dotés de ce nouveau savoir-faire.
  • Certains postes – et travailleurs – seront probablement remplacés par la technologie.

La numérisation nous rend plus résilients

Des récessions graves peuvent nuire à la production potentielle – c’est-à-dire la capacité de l’économie de produire des biens et des services sans que l’inflation devienne préoccupante –, pour les raisons suivantes :

  • Lorsque les entreprises annulent ou retardent leurs investissements, voire ferment leurs portes, la capacité de croissance de l’économie diminue.
  • Lorsque les travailleurs restent au chômage pendant de longues périodes, il devient plus difficile pour eux de réintégrer le marché du travail, et la productivité globale de l’économie baisse – c’est ce qu’on appelle les séquelles des récessions.

La pandémie a forcé beaucoup de gens et d’entreprises à adopter des technologies numériques plus rapidement que prévu, et cela a aidé l’économie durant la dernière année. La transformation numérique pourrait augmenter la productivité et le potentiel de croissance à l’avenir.

Il est évident que cette récession due à la pandémie, comme toutes les récessions, entraînera une perte de capacités et des séquelles. Mais la transformation numérique accélérée a tellement soutenu la résilience de l’économie que nous pensons désormais que les effets négatifs sur la production potentielle seront moins prononcés que nous l’avions d’abord craint. »

Le sous-gouverneur Lane répond aux questions des journalistes après son discours.

Notre décision d’hier

L’activité économique mondiale prend de l’élan, mais la reprise est inégale en raison surtout des taux d’infection à la COVID-19 et des efforts de vaccination qui diffèrent d’un pays à l’autre. Au Canada, l’économie progresse conformément aux perspectives présentées dans le Rapport sur la politique monétaire d’avril. Nous nous attendons à ce que les dépenses de consommation entraînent un fort rebond à l’été, plus les restrictions seront assouplies et plus les gens se feront vacciner. L’évolution des nouveaux variants du virus demeure toutefois incertaine.

Par conséquent, nous croyons que la reprise de l’activité économique au Canada doit encore être appuyée par des mesures exceptionnelles :

  • Nous maintiendrons le taux directeur à sa valeur plancher jusqu’à ce que les capacités excédentaires se résorbent, de sorte que la cible d’inflation de 2 % soit atteinte de manière durable. Selon notre projection d’avril, cela devrait se produire au cours de la deuxième moitié de 2022.
  • Nous poursuivrons notre programme d’assouplissement quantitatif au rythme actuel de 3 milliards de dollars par semaine afin de renforcer cet engagement et de garder les taux d’intérêt bas sur toute la courbe de rendement.

Les Canadiens peuvent compter sur nous pour continuer de procurer le niveau de détente monétaire nécessaire pour soutenir la reprise et atteindre l’objectif d’inflation. »