Les auteurs élaborent un modèle permettant d’analyser les liens entre le levier financier, la structure de rémunération et le risque de licenciement. Contrairement à ce qui est généralement admis, ils montrent que, même en l’absence de problème de délégation entre les travailleurs et l’entreprise, une rémunération variable peut être optimale bien que les travailleurs soient réfractaires au risque et que l’entreprise soit neutre à cet égard. Les auteurs constatent que, dans les entreprises où les travailleurs sont employés à des projets plus sûrs (et où la probabilité de licenciement est plus faible), la part de la rémunération variable est plus élevée et le levier financier de l’entreprise augmente parallèlement à cette part. De ces deux constatations ressort le principal résultat de l’étude : plus la probabilité de licenciement est élevée, moins la firme est endettée. Les auteurs présentent une justification empirique de cette prévision à l’aide d’une série inédite de données portant sur l’ensemble des courtiers et négociateurs canadiens en valeurs mobilières. Dans le contexte de leur analyse empirique, le modèle qu’ils proposent offre un nouveau mécanisme expliquant pourquoi un levier financier élevé et une proportion élevée de rémunération variable sont plus répandus chez les sociétés financières que chez leurs homologues non financières.