Le marché des réserves de banques centrales est, dans la plupart des cas, un marché de gré à gré dont la structure de réseau est de type « centre-périphérie ». Les auteurs modélisent les relations contractuelles de long terme dans le marché des prêts interbancaires non garantis. Les banques choisissent d’établir des relations pour se protéger contre des chocs de liquidité et économiser les coûts des opérations de marché. En situation d’équilibre, un réseau de prêt par paliers est donc généré de façon endogène. Les relations interbancaires sont importantes pour comprendre les stratégies de soumission des banques dans le cadre des processus d’adjudication des réserves des banques centrales. Par ailleurs, les banques en relation incorporent une prime de relation dans les taux qu’elles négocient, ce qui peut fausser le taux de refinancement à un jour. Ces primes peuvent, par exemple, expliquer certaines anomalies du niveau des taux d’intérêt – à savoir, le fait que les banques pratiquent parfois des taux supérieurs aux taux d’escompte des banques centrales ou inférieurs aux taux de rémunération des dépôts de ces dernières. Le modèle aide également à expliquer l’influence qu’exerce la politique monétaire sur la structure de réseau et le fonctionnement du marché des prêts interbancaires ainsi que la réaction dynamique des marchés lorsque les banques centrales mettront fin à leurs politiques monétaires non conventionnelles. Les auteurs utilisent aussi le modèle pour analyser les effets des nouvelles réglementations limitant l’exposition au risque de crédit sur les relations bancaires de long terme.