Nous présentons un modèle de formation de réseaux stratégiques acheteurs-vendeurs dans lequel les vendeurs s’échangent de l’information. Avant d’entamer la négociation avec les acheteurs, les vendeurs peuvent se donner mutuellement accès à des acheteurs moyennant un paiement de transfert négocié. Nous étudions les effets de cet échange d’information sur l’ensemble des prix de marché, les volumes et le bien-être, compte tenu de diverses conditions de marché initiales et règles de partage de l’information. Sur les marchés où les opérateurs sont homogènes, l’échange d’information accroît systématiquement le volume total des échanges commerciaux. L’équilibre walrasien est atteint sur le marché lorsque les vendeurs sont plus nombreux que les acheteurs ou lorsqu’ils ont un plus grand pouvoir de négociation que ces derniers. Dans la plupart des cas, l’excédent commercial revient entièrement aux vendeurs. En situation d’hétérogénéité des opérateurs, l’échange d’information peut accroître ou abaisser le volume total des échanges. Quand les vendeurs ont un pouvoir de négociation supérieur à celui des acheteurs, l’échange d’information se traduit par des volumes supérieurs au niveau d’équilibre walrasien, et l’inefficience du marché ne peut alors résulter que de la surproduction des vendeurs ayant des coûts de production élevés. Du fait de cet échange d’information, les acheteurs qui accordent le moins de valeur aux biens seront évincés du marché, quel que soit le lieu où ils se trouvent ou leur pouvoir de négociation. Nous montrons en outre que si les vendeurs non seulement échangent de l’information, mais encore protègent cette information par des droits de propriété, l’échange aboutit à des volumes d’échanges commerciaux et à des prix plus bas qu’en l’absence de droits de propriété.