Bonjour tout le monde.

Bienvenue à la Banque du Canada. Je m’appelle Larry Schembri, sous-gouverneur à la Banque.

C’est un grand plaisir pour moi d’ouvrir cet atelier portant sur les enjeux majeurs touchant les cadres de politique monétaire et leur mise en œuvre.

Étant donné les défis considérables auxquels les banques centrales ont été confrontées pour atteindre leurs objectifs de politique monétaire depuis la crise financière mondiale, le moment est bien choisi pour prendre du recul et réexaminer ces questions fondamentales sous diverses perspectives.

Comme beaucoup d’entre vous le savent, le cadre de politique monétaire actuel du Canada s’appuie sur les deux composantes suivantes :

  • une cible de 2 % du taux d’accroissement de l’indice des prix à la consommation (IPC), soit le point médian d’une fourchette de maîtrise de l’inflation allant de 1 à 3 %;
  • un taux de change flottant déterminé par le marché.

Si la deuxième composante a été en place durant près de 60 des 70 dernières années, le régime de ciblage de l’inflation a, pour sa part, été instauré en 1991 et il existe sous sa forme actuelle depuis 1995.

Ce cadre a bien servi les Canadiens malgré d’importants mouvements des cours des produits de base et des termes de l’échange du Canada ainsi que d’autres chocs, comme la Grande Récession.

L’inflation s’est établie en moyenne à un peu moins de 2 % depuis que la Banque a adopté le ciblage de l’inflation. De plus, la croissance de la production et l’inflation ont été beaucoup plus stables qu’avant 1991.

De plus, deux importants aspects de notre régime de ciblage de l’inflation se sont attiré une reconnaissance à l’échelle internationale :

  • le premier est l’objectif de stabilité des prix de ce régime, qui est fondé sur une entente conjointe conclue entre la Banque et le gouvernement du Canada;
  • le deuxième est l’examen de cette entente tous les cinq ans.

L’entente conjointe conclue avec un gouvernement élu démocratiquement renforce la légitimité de l’objectif de stabilité des prix et en rehausse la crédibilité. Cette entente confère aussi à la Banque du Canada l’indépendance d’action nécessaire pour lui permettre d’atteindre cet objectif.

Par ailleurs, l’examen de l’entente tous les cinq ans permet à la Banque de revoir de nombreux aspects importants de son cadre de politique monétaire et de sa mise en œuvre.

Quoique le cadre ait bien fonctionné dans le passé, des améliorations pourraient être envisagées, étant donné particulièrement l’évolution de la conjoncture économique, les enseignements tirés de l’expérience du Canada et d’autres pays, ainsi que les résultats de recherches pertinents.

Dans le passé, la Banque a profité de l’occasion pour organiser son programme de recherche concernant la politique monétaire et y donner de la visibilité. Ce programme a exploré divers aspects du cadre de politique monétaire de la Banque, et ceux-ci débordent de l’étendue relativement limitée de l’entente conjointe sur la cible de maîtrise de l’inflation et de l’objectif de stabilité des prix.

L’examen de l’entente tous les cinq ans donne aussi l’occasion à la Banque de faire participer divers intervenants à ce processus pour lui apporter des idées utiles et une rétroaction constructive sur ses travaux.

L’atelier d’aujourd’hui sert justement à cela.

Il a lieu tôt durant le cycle actuel de cinq ans. Cela permet à la Banque d’obtenir le point de vue de personnes d’horizons divers – des universitaires, des journalistes économiques, des représentants d’autres banques centrales et des décideurs – bien avant qu’elle commence à formuler les questions clés de son programme de recherche, jusqu’au renouvellement de l’entente et à la publication de son document d’information en 2021.

En plus de viser l’expression d’un grand éventail de points de vue, cet atelier est relativement ouvert de manière à stimuler le dialogue sur une vaste gamme d’enjeux. Et toujours dans l’optique de garder le processus ouvert et transparent et d’y inclure tous les Canadiens, l’atelier d’aujourd’hui est diffusé sur le Web, et la Banque publiera des commentaires en continu sur ses comptes de médias sociaux.

Nous avons divisé cet atelier en quatre séances :

  • la première porte sur le rôle et les objectifs de la politique monétaire au Canada;
  • les deux suivantes traitent d’enjeux opérationnels, soit l’éventail et l’efficacité des instruments de politique monétaire ainsi que la stratégie de communication de la politique monétaire;
  • la quatrième touche les enseignements tirés d’autres banques centrales.

Dans le passé, nous avons examiné plusieurs questions importantes liées au cadre, notamment :

  • la possibilité d’abaisser ou de relever la cible d’inflation;
  • la possibilité de remplacer la cible d’inflation par une trajectoire cible pour l’évolution du niveau des prix;
  • les implications, pour la politique monétaire, des vulnérabilités et des risques liés à la stabilité financière.

La Banque a examiné ces enjeux principalement au cours des deux derniers cycles, clos en 2011 et 2016.

Ces dernières années, les discussions sur les cadres de politique monétaire ont surtout porté sur les répercussions d’importantes évolutions économiques. Les sujets abordés sont les suivants :

  • le recul du taux d’intérêt réel d’équilibre et, partant, du taux directeur « neutre », qui limite la possibilité d’agir de manière contracyclique au moyen d’une modification du taux directeur;
  • le déclin de la croissance de la production potentielle – surtout dans les économies avancées – causé par les tendances démographiques et la croissance moins rapide de la productivité du travail, des forces que la politique monétaire a peu le pouvoir de neutraliser, voire pas du tout;
  • le niveau élevé d’endettement des secteurs privé et public, qui soulève des préoccupations sur la stabilité financière, la marge de manœuvre budgétaire et l’indépendance de la banque centrale.

Et, à plus long terme, de nouvelles technologies financières pourraient influer sur la mise en œuvre et la transmission de la politique monétaire.

Nous sommes choyés de compter parmi nous aujourd’hui de distingués orateurs pour nous éclairer de leur point de vue sur ces enjeux et d’autres questions stimulantes.

Je vais conclure en remerciant ces orateurs ainsi que tous les participants à cet atelier, surtout ceux qui nous viennent de loin.

Cet atelier s’annonce très intéressant. Mes collègues et moi avons très hâte de vous entendre et de discuter avec vous. Bonne journée.