Nous introduisons des informations limitées sur la politique monétaire. Les agents reçoivent des signaux de la banque centrale qui révèlent de nouvelles informations (des « nouvelles ») sur l’évolution future du taux directeur avant qu’il ne soit réellement modifié. Cependant, ces signaux sont brouillés par du « bruit ». Nous employons un modèle vectoriel autorégressif non standard pour démêler les répercussions économiques et financières qu’ont eues les nouvelles et le bruit sur la politique monétaire des États-Unis depuis le milieu des années 1990. Les données d’enquête et les données de marché sur les attentes relatives au taux des fonds fédéraux permettent de constater que les signaux entachés de bruit jouent un rôle relativement important dans la dynamique macroéconomique. Un signal associé à un resserrement futur de la politique monétaire amène à s’attendre davantage à une hausse du taux directeur et entraîne une baisse de la production et des prix. Une grande partie du signal est du bruit autour des mesures à venir des autorités monétaires. Ce bruit cause une diminution de la production et des prix, et permet d’expliquer les variations de ces deux variables, respectivement jusqu’à 16 % et 13 % de la variance. De plus, il fait augmenter sensiblement la prime excédentaire sur les obligations d’entreprise, l’écart de taux des obligations de sociétés et la volatilité des marchés financiers, et fait baisser les cours des actions.