Pour décrire le cycle financier au Canada, j’emploie deux méthodes utilisant des filtres à fréquences multiples afin d’extraire les fluctuations des variables sous-jacentes par rapport à leur tendance de long terme : un indice composite à pondérations dynamiques et un modèle à tendance stochastique. Plusieurs résultats se dégagent de l’application de ces deux méthodes aux données pour le Canada. Premièrement, le cycle financier y est plus de deux fois plus long et d’une amplitude presque quatre fois plus grande que le cycle économique. Deuxièmement, le cycle financier est au Canada très étroitement lié au crédit aux ménages et aux prix des logements. Troisièmement, si les variations des prix des logements s’expliquent en grande partie par le cycle financier, elles dépendent aussi largement du cycle économique. Enfin, l’évolution des prix des logements est en avance sur l’ensemble du cycle financier. Ces résultats sont globalement conformes à ceux présentés dans la littérature pour d’autres pays. Par ailleurs, j’examine jusqu’à quel point les estimations obtenues par les deux méthodes sont sujettes à révision et observe que ces dernières sont toutes deux plus fiables, en temps réel, que l’écart crédit total / PIB prévu dans le dispositif de Bâle III. Il reste qu’il serait bon, dans des travaux futurs, de se pencher sur d’autres combinaisons de variables et d’étendre l’analyse à d’autres pays, puisqu’il existe peu de données relatives aux tensions financières systémiques au Canada. Étant donné que l’application de ces méthodes se traduit par une mesure du cycle financier par rapport à sa tendance, la comparaison avec des indicateurs « de niveau » (comme ceux dont l’évolution est rapportée dans la Revue du système financier de la Banque du Canada), ne va pas de soi.