L’écart entre l’inflation perçue et réelle

Le sous-gouverneur Lawrence Schembri analyse l’écart entre la perception que les gens ont de l’inflation et le taux mesuré au Canada. Il aborde des explications possibles et les implications potentielles pour la politique monétaire et l’économie.

Regardez le sous-gouverneur Schembri s’adresser à l’Association canadienne de science économique des affaires par vidéoconférence. Lisez le discours complet.

La Banque vise une inflation basse

Quand l’inflation est à un niveau bas, stable et prévisible, les Canadiens sont plus à même de prévoir leurs dépenses et leur épargne. Cela favorise aussi notre prospérité économique et financière à tous. À la Banque du Canada, nous nous sommes fixé une cible d’inflation de 2 %. Nous utilisons la politique monétaire pour l’atteindre autant que possible au fil du temps.

Quand la Banque atteint constamment la cible, elle contribue à rehausser le niveau de vie de toute la population. Et quand les consommateurs et les entreprises savent que l’inflation ne leur réservera pas de surprises, ils peuvent prendre de meilleures décisions à long terme pour leur carrière, leur épargne et leurs investissements. »

Les gens pensent que l’inflation est plus élevée qu’en réalité

Nous utilisons l’indice des prix à la consommation (IPC) pour suivre l’évolution des prix. Cependant, bien des gens pensent que l’inflation est en fait supérieure au taux mesuré et à la cible. Parmi les raisons possibles, les consommateurs :

  • ont l’impression que leurs achats sont différents de ceux du panier de biens et services servant à calculer l’IPC;
  • ne tiennent pas compte du fait que certaines hausses de prix, notamment dans le secteur de l’électronique et de l’automobile, sont dues à une amélioration de la qualité;
  • prennent en considération l’augmentation du prix des maisons, même si seuls les coûts liés au logement (comme l’impôt foncier et les autres services) sont pris en compte dans le calcul de l’IPC;
  • fondent leurs perceptions davantage sur les hausses que sur les baisses de prix.

Il est important de resserrer l’écart

Nous nous soucions de la perception des Canadiens, car leur confiance en notre capacité à maintenir l’inflation à un niveau bas et stable nous aide à mieux faire notre travail. Quand les gens sont convaincus que nous atteindrons cet objectif, leur conviction et leurs actions contribuent à garder l’inflation à la cible en permettant à l’économie de se stabiliser après des secousses passagères.

Cette confiance est particulièrement importante quand les temps sont durs, comme en cette pandémie de COVID‑19. Comme les attentes d’inflation de la population sont bien ancrées à 2 %, nos réductions du taux directeur ont bien soutenu les ménages et les entreprises pendant cette période difficile.

Aujourd’hui plus que jamais, il est crucial de communiquer clairement et régulièrement avec le public concernant notre cible d’inflation et les moyens pris pour l’atteindre, ainsi que de solliciter son point de vue à ce sujet.

Par nos paroles, et surtout nos actions, nous demeurons fermement résolus à contribuer au redressement de l’économie canadienne ainsi qu’à la prospérité économique et financière de l’ensemble de la population. »