Ce dossier spécial sur les liens existant entre l’économie réelle et la sphère financière décrit les recherches qu’a menées la Banque au moyen de modèles théoriques et empiriques en vue de mieux comprendre les relations entre l’évolution financière et l’activité macroéconomique au lendemain de la récente crise financière mondiale.
Les auteurs exposent les changements apportés à la structure de TOTEM, le principal modèle employé par la Banque du Canada pour l’élaboration de projections et l’analyse des politiques. Les changements effectués permettent aux taux d’intérêt à long terme de jouer un rôle distinct et aux primes de risque de conduire à une différenciation des taux d’emprunt pour les ménages, les entreprises et l’État. Cela a pour effet d’élargir le champ des questions de politique pouvant être traitées par le modèle et le rendent plus apte à expliquer les données. Les auteurs tirent parti du modèle pour simuler les effets de fluctuations des primes de risque comparables à celles survenues lors de la récente crise financière. Ils utilisent aussi le modèle pour évaluer l’incidence macroéconomique du relèvement des exigences de fonds propres et de liquidité dans le secteur bancaire.
Les auteurs présentent la version du modèle de l’économie mondiale de la Banque à laquelle a été intégré un système bancaire actif qui comprend un marché interbancaire et une activité de prêt transfrontière. Après avoir décrit le nouveau modèle, ils l’utilisent pour étudier la réaction de quelques variables macroéconomiques canadiennes et américaines à un « étranglement du crédit » aux États-Unis ainsi que l’incidence d’une modification du ratio de levier réglementaire des banques au Canada. Ils examinent aussi les mérites respectifs d’un cadre de conduite de la politique monétaire basé sur la poursuite d’une cible d’inflation et d’un cadre où le niveau des prix est visé, en présence de chocs atteignant les secteurs bancaires américain et canadien.
L’auteur étudie l’incidence du capital bancaire sur l’activité économique, en se servant d’un modèle macroéconomique qui fait intervenir les intermédiaires financiers de façon explicite. Il concentre son analyse sur le rôle du « canal du capital bancaire » dans la propagation et l’amplification des effets des mesures de politique monétaire et des autres chocs. Il cherche à établir si des bilans bancaires plus fragiles accroissent la vulnérabilité de l’économie aux chocs négatifs et évalue également les conséquences de mesures comme l’instauration de volants de fonds propres contracycliques sur le mécanisme de transmission de la politique monétaire et des autres chocs à l’économie réelle.
L’auteur étudie le rôle que les prêts garantis par la valeur nette d’une propriété jouent dans l’amplification des booms immobiliers et, de manière générale, dans la procyclicité du marché de l’habitation. Le modèle dont il se sert met en scène des ménages emprunteurs et des ménages prêteurs ainsi qu’un marché du logement dans le but d’analyser l’incidence de modifications durables ou contracycliques du rapport prêt-valeur sur la volatilité des prix des maisons et de la dette hypothécaire.
En sa qualité d’agent financier du gouvernement canadien, la Banque du Canada fournit des conseils stratégiques sur la gestion de la dette fédérale et veille à la conduite des opérations qui s’y rattachent. Dans cet article, les auteurs présentent un survol de l’évolution de la stratégie d’emprunt au cours des vingt dernières années et esquissent le processus complexe d’élaboration d’une stratégie judicieuse propre à concilier les divers facteurs de coût et de risque. Leur examen englobe les outils et les méthodes employés pour construire la nouvelle stratégie d’emprunt à moyen terme, tels que le processus de modélisation, le processus de consultation des acteurs de marché et les différentes mesures servant à décrire la structure du portefeuille de la dette.
La Banque prévoit que l’économie affichera un taux d’expansion de 2,8 % en 2011, de 2,6 % en 2012 et de 2,1 % en 2013, et qu’elle retrouvera son plein potentiel au milieu de 2012. L’inflation mesurée
par l’IP C global devrait retourner à la cible de 2 % d’ici le milieu de 2012.
Les résultats de l’enquête font état d’un assouplissement net général des conditions du crédit au deuxième trimestre de l’année. Le solde des opinions au sujet des modalités tarifaires et non tarifaires des prêts fait ressortir le plus large consensus sur un allègement depuis les débuts de l’enquête, en 1999.
Les entreprises continuent de se montrer confiantes à l’égard des perspectives pour les 12 mois à venir malgré des attentes plus modestes concernant la croissance de l’économie américaine. Les indicateurs des ventes et des investissements affichent une hausse modérée et les intentions d’embauche sont plus généralisées.