Certains secteurs et régions du Canada sont en effervescence et certains sont moroses, mais, au final, tous récolteront les fruits des ressources naturelles que notre pays a en abondance, même si des ajustements difficiles sont opérés, a déclaré aujourd’hui à Saskatoon le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S. Poloz.

Le gouverneur a indiqué aux membres du Saskatchewan Trade and Export Partnership que le Canada a dû s’adapter à deux chocs économiques importants ces dernières années. L’un deux a été les retombées de la crise financière, qui ont entraîné une baisse de la demande mondiale et ainsi freiné l’activité dans tous les secteurs. L’autre choc a été la hausse des prix du pétrole, qui a bénéficié au secteur de l’énergie et s’est traduite par une augmentation de 7 % du revenu intérieur, mais a présenté des défis pour certains exportateurs.

« La hausse des prix du pétrole en a stimulé la production au Canada, ce qui a amplifié les avantages découlant de l’amélioration des termes de l’échange », a soutenu le gouverneur. Il a souligné que l’économie canadienne faisait preuve d’une souplesse remarquable en réaction au choc des termes de l’échange. « Même si les ajustements sont différents d’une région et d’un secteur à l’autre et bien qu’ils puissent être pénibles, ils nous permettent de maximiser les avantages que nous procure l’abondance de nos ressources énergétiques et, en définitive, tout le monde y gagne. »

Les fabricants s’ajustent aux deux chocs en rationalisant leurs activités, en lançant de nouveaux produits, en pénétrant de nouveaux marchés et en externalisant la fabrication.

M. Poloz a fait remarquer que les perspectives de la Banque concernant une reprise durable au Canada sont fortement tributaires d’un redressement des exportations. « Il est essentiel, qu’au même moment, le rythme de progression de nos exportations s’accélère, ce qui, croyons-nous, sera suivi d’un redressement des investissements des entreprises », a précisé le gouverneur, en ajoutant que si la reprise des exportations n’est pas à la hauteur de nos prédictions, l’écart de production ne se résorbera pas et l’inflation demeurera en deçà de la cible de 2 %.

Compte tenu de l’importance du secteur manufacturier, et en particulier des exportateurs de ce secteur, dans l’économie, la Banque du Canada a examiné 31 sous-secteurs du  secteur des exportations de biens non énergétiques. Cette analyse lui a fourni une interprétation plus détaillée de la tenue des exportations, et lui donne davantage foi dans la reprise du secteur des exportations.

« Grâce à nos termes de l’échange plus solides au Canada, à notre climat des affaires sain et à notre capacité d’innover, le secteur manufacturier canadien est promis à un brillant avenir », a affirmé le gouverneur Poloz.

Quoi qu’il en soit, il faudra attendre les premiers mois de 2016 pour que l’inflation sous-jacente retourne à 2 % et que l’économie se remette à tourner à plein régime. « Notre économie dispose de la marge voulue pour croître. Et quand l’inflation aura regagné la cible, selon un consensus de plus en plus large, les taux d’intérêt demeureront plus bas que ce à quoi nous étions habitués dans le passé », a indiqué M. Poloz.

Pour en savoir plus sur les recherches effectuées par la Banque à ce sujet, voir Canadian Non-Energy Exports: Past Performance and Future Prospects.