Dans les mois qui ont précédé la faillite de la maison Lehman Brothers en septembre 2008, les banques étaient disposées à payer une prime par-dessus le taux du guichet d’escompte de la Réserve fédérale afin d’accéder aux fonds du mécanisme d’adjudication de prêts à plus d’un jour (TAF). Nous soumettons à des tests empiriques les prédictions d’un nouveau modèle révélateur des effets de signal. Notre modèle permet de justifier l’existence de deux dispositifs différents de financement. Dans ce modèle, des banques à court de liquidités mais solvables accèdent au TAF en devant payer un prix élevé. Comme le TAF leur sert à envoyer un signal positif sur leur solvabilité, elles paient ce prix en échange d’une amélioration de leurs conditions de financement futures. Confrontées à la méfiance inattendue des prêteurs, les banques moins solvables ont recours au guichet d’escompte, un dispositif de financement moins onéreux et plus souple mais dont l’utilisation dégrade les futures conditions de financement de ces établissements. L’existence de deux mécanismes aux caractéristiques distinctes a permis aux banques d’envoyer au marché des signaux sur leur degré de solvabilité et, par conséquent, de diminuer l’asymétrie d’information pendant la crise. Des données rendues publiques récemment corroborent ces résultats. Les banques qui ont eu recours au TAF en 2008 ont payé un taux inférieur (environ -31 points de base) au taux pratiqué sur le marché du financement interbancaire en 2010 et étaient considérées comme moins à risque que les établissements qui avaient accédé au guichet d’escompte. Les résultats de notre étude peuvent contribuer à perfectionner la conception des dispositifs qui serviront à l’octroi de liquidités pendant les crises financières.