Des taux d’intérêt fortement négatifs pourraient, en théorie, faire peser une contrainte sur la mise en oeuvre de la politique monétaire, puisque les participants aux marchés du financement à un jour pourraient dans ce cas avoir avantage à transformer leurs fonds en espèces plutôt qu’à les prêter aux autres participants. Pour appréhender le fonctionnement des marchés du financement à un jour dans ce contexte, nous intégrons la possibilité d’échanger des réserves à la banque centrale contre des espèces dans le principal modèle de mise en oeuvre de la politique monétaire (Poole, 1968). Plus particulièrement, nous montrons qu’il ne suffit pas que le taux de rémunération des dépôts se situe en deçà du rendement obtenu par la détention d’espèces pour que s’exerce une contrainte sur la politique monétaire. La politique monétaire peut en revanche être limitée dans son action lorsque le taux cible du financement à un jour est inférieur au rendement dégagé par les espèces. Le taux du financement sur le marché à un jour est alors égal au rendement des espèces et non plus au taux cible. Des modifications apportées au cadre de conduite de la politique monétaire, telle une rémunération par segment des dépôts à la banque centrale qui serait fonction des retraits d’espèces effectués, peuvent aider à rétablir l’égalité entre le taux sur le marché à un jour et le taux cible.