Les entreprises ont de plus en plus recours aux technologies numériques, comme le commerce électronique, l’infonuagique, les mégadonnées, la surveillance numérique et les plateformes numériques, qui transforment les activités commerciales, les modèles d’entreprises et les structures de marché. Compte tenu de ce contexte, la Banque du Canada a sondé des entreprises du commerce de gros et de détail et du secteur de la logistique, ainsi que des associations professionnelles connexes, pour en savoir plus sur leur adoption des technologies numériques. D’après les résultats obtenus, les investissements dans les technologies numériques vont croissant, l’objectif étant le plus souvent d’accroître l’efficience opérationnelle ou d’améliorer l’expérience client. L’enquête vise à mettre en lumière les différents canaux par lesquels la transformation numérique peut influer sur les prix demandés, et ainsi à mieux cerner les implications de la numérisation pour l’inflation. Les réponses des participants à l’enquête laissent entrevoir des pressions globalement désinflationnistes. Tout d’abord, les entreprises considèrent que le commerce électronique exerce une pression à la baisse sur les prix en raison de la transparence et la comparabilité accrues dans les marchés en ligne. Cette situation intensifie en effet la concurrence et réduit le pouvoir des entreprises en matière de fixation des prix. Ensuite, le client profite dans certains cas des réductions de coûts et des gains d’efficience découlant de l’adoption des technologies, quoique les réductions de coûts doivent encore se concrétiser pour nombre d’entreprises. Enfin, les répondants considèrent les technologies numériques comme un facteur à l’origine des changements effectifs ou anticipés des structures de marché. Ils mentionnent ainsi la consolidation du marché et la concentration du pouvoir de marché entre des acteurs dominants, lesquelles contraignent les entreprises de moindre importance à se retirer du jeu.