Ces dernières années, de nombreux commentateurs ont avancé que les éventuels effets désinflationnistes de la numérisation pourraient expliquer l’inflation modérée dans les économies avancées. Nous analysons les conclusions d’études sur le sujet; nous examinons trois canaux principaux par lesquels la numérisation pourrait influer sur l’inflation. Première constatation : la variation des prix sur le marché des biens et services en technologies de l’information et de la communication qui entrent dans le calcul de l’indice des prix à la consommation a eu une incidence négligeable sur l’inflation au Canada. Deuxième constatation : compte tenu de la petite part qu’occupe le commerce électronique au Canada et du comportement très semblable des prix en ligne et aux points de vente, le « syndrome Amazon » n’a eu pour l’instant qu’un faible effet désinflationniste. Au fil de l’expansion du commerce électronique, la pression à la baisse sur l’inflation pourrait s’accentuer en raison de l’intensification de la concurrence, mais il est aussi possible que la numérisation favorise la concentration du marché. Dernière constatation : même si les technologies favorisant l’efficacité opérationnelle devraient augmenter la productivité, et donc exercer une pression à la baisse sur l’inflation, les données à ce jour ne vont pas encore dans ce sens. Dans l’ensemble, nous estimons peu probable que la numérisation ait eu, jusqu’à présent, une forte incidence sur l’inflation au Canada.