Jun Yang est économiste-expert au département des Marchés financiers de la Banque du Canada. Il s’intéresse principalement au lien entre les décisions relatives à la structure du capital des entreprises non financières et les prix des actifs. Ses travaux portent entre autres sur le risque de crédit et le choix de l’échéance de la dette. Il est titulaire d’un doctorat en économie de l’Université de Toronto.
Le marché des pensions peut connaître des déséquilibres importants et persistants, qui peuvent faire augmenter le coût du financement à court terme au Canada, y compris le taux de référence CORRA. Les soldes de règlement détenus par les banques ont permis d’absorber la plupart des déséquilibres sur ce marché pendant l’assouplissement quantitatif. À la fin du resserrement quantitatif, toutefois, ils jouaient un rôle beaucoup moins central.
Nous montrons comment les chocs de demande des bons du Trésor se transmettent aux marchés des changes et des obligations à l’échelle internationale. Une demande accrue de bons du Trésor affaiblit le dollar américain et fait monter les prix des obligations étrangères; ces effets persistent pendant deux semaines. La transmission varie de façon prévisible entre les pays en fonction de l’alignement de leur politique monétaire sur celle des États-Unis.
Les flux d’opérations ont une incidence sur les prix des obligations du gouvernement du Canada. Selon nos estimations, la vente de 1 % des obligations disponibles fait généralement baisser les prix de 0,2 %. De 2000 à 2025, la demande des investisseurs institutionnels, comme les caisses de retraite canadiennes et les investisseurs étrangers, explique 69 % de la variation trimestrielle des prix, le reste étant attribuable aux variations de l’offre.
Nous présentons une nouvelle variable d’approximation de la liquidité des obligations de sociétés fondée sur le prix des fonds négociés en bourse qui détiennent ce type de titre. Cette variable mesure la liquidité quotidienne moyenne de 900 obligations de sociétés, soit beaucoup plus que le nombre pris en compte par les autres variables d’approximation utilisées dans l’analyse précédente de la Banque du Canada. La nouvelle variable brosse néanmoins un tableau très similaire des conditions de la liquidité, et confirme le résultat précédent, à savoir que la liquidité des obligations de sociétés s’est améliorée en général depuis 2010.
Dans cette note analytique, nous examinons les coûts des programmes de rachat d’obligations et de rachat assorti d’une conversion de titres du gouvernement du Canada entre 1998 et 2016. Selon les résultats de notre analyse, le processus d’adjudication du programme de rachat a permis au gouvernement de rembourser sa dette en réduisant au minimum les coûts associés à l’incidence sur les prix et à l’atténuation des soumissions par rapport à la valeur véritable.
Depuis 2010, la liquidité des obligations de sociétés s’est améliorée, en moyenne, tandis que les activités de négociation de ces titres sont demeurées stables. Nous constatons que la liquidité et les activités de négociation des obligations plus risquées ou des obligations émises par les entreprises des divers secteurs ont aussi été stables. Cependant, la liquidité et les activités de négociation des obligations émises par les banques se sont accrues. Si nous observons des épisodes de détérioration de la liquidité ou des activités de négociation, ceux-ci ont été de courte durée.
Depuis l'éclatement de la crise du crédit en 2007, les écarts de rendement sur obligations de sociétés se sont beaucoup élargis de par le monde. Les auteurs étudient les deux composantes principales – le risque de défaut et le risque de liquidité – des écarts relatifs aux obligations émises par les entreprises canadiennes sur le marché américain, et tout particulièrement leur évolution durant la crise. Ils constatent qu'au cours de cette période, la composante risque de liquidité a davantage augmenté pour les obligations de catégorie spéculative que pour celles de catégorie investissement, conformément au scénario d'une ruée vers les titres de qualité. De ces résultats découle une implication majeure : les politiques destinées à remédier aux difficultés que connaissent les marchés de crédit doivent tenir compte du fait que la composante risque de liquidité des écarts de rendement se comporte différemment de la composante risque de défaut, surtout en période de crise.