Renouvellement de l’entente relative à la cible de maîtrise de l’inflation du Canada — 2011-2016 priorités en matière de recherche

Dans le cadre du renouvellement de l'accord de 2016, la Banque a concentré son examen et sa recherche dans trois domaines: le niveau de la cible d'inflation, les considérations de stabilité financière dans la formulation de la politique monétaire et la mesure de l'inflation de base. Pour en savoir plus sur ces trois priorités de recherche.

Priorités en matière de recherche

En prévision du renouvellement de l’entente en 2016, la Banque a axé ses examens et recherches sur les trois domaines suivants :

  1. Niveau de la cible d’inflation
  2. Considérations liées à la stabilité financière dans la formulation de la politique monétaire
  3. Mesure de l’inflation fondamentale

Ces trois sujets ont été abordés par la sous-gouverneure Agathe Côté lors d’un discours prononcé en 2014 : Le ciblage de l’inflation en période d’après-crise. Le document Renouvellement de la cible de maîtrise de l’inflation : Document d’information – octobre 2016 résume l’analyse que fait la Banque de ces questions et les conclusions qui en découlent.

1. Niveau de la cible d’inflation

Le Canada vise un taux d’inflation de 2 %, soit le point médian d’une fourchette de maîtrise de l’inflation allant de 1 à 3 %. Depuis 2011, les taux d’intérêt près de la valeur plancher affichés dans les économies avancées ont entraîné une remise en question accrue de la cible de 2 %. La Banque a mené une analyse rigoureuse des coûts et avantages d’une modification de la cible.

Principaux documents de référence

Downward Nominal Wage Rigidity, Inflation and Unemployment: New Evidence Using Micro‐Level Data

Note analytique du personnel 2017-6 Dany Brouillette, Natalia Kyui
Selon une étude récente, la rigidité à la baisse des salaires nominaux (RBSN) sur le marché canadien du travail aurait pris de l’ampleur à la suite de la récession de 2008‐2009 (voir Brouillette, Kostyshyna et Kyui, 2016).

13 novembre 2014

Les indications prospectives ne devraient‑elles pas être dépendantes du passé?

Aux prises avec la contrainte que leur impose la borne du zéro des taux d’intérêt, des banques centrales se sont attachées à expliquer leur décision de recourir à un seuil qui doit être franchi avant que les taux d’intérêt à court terme soient relevés. Comme le montrent les résultats de simulations réalisées pour le Canada, les indications prospectives qui sont subordonnées à l’atteinte d’un seuil de prix peuvent théoriquement favoriser la demande et hausser les attentes d’inflation bien davantage que des indications assorties d’un seuil de chômage. Cet atout s’explique par le fait que les seuils de prix sont influencés par les niveaux précédents de l’inflation. Dans la pratique, cependant, des seuils influencés par le passé seraient vraisemblablement plus difficiles à expliquer.
Type(s) de contenu : Publications, Articles de la Revue de la Banque du Canada Code(s) JEL : E, E5, E52, E58

16 mai 2013

Les politiques monétaires non traditionnelles : évolution des pratiques, effets et coûts potentiels

En réponse à la récente crise financière, les grandes banques centrales ont mis en place plusieurs types de mesures de politique monétaire non traditionnelles : mécanismes de soutien à la liquidité, facilités de crédit, achats d’actifs et indications prospectives. Jusqu’ici, ces mesures semblent avoir porté leurs fruits. Elles ont contribué au rétablissement du fonctionnement des marchés, facilité la transmission de la politique monétaire et stimulé l’activité économique. Elles ne sont toutefois pas sans coûts potentiels, notamment si l’on considère les difficultés que peuvent poser le grossissement important de la taille du bilan des banques centrales et le retrait, à terme, de ces politiques, ainsi que les vulnérabilités susceptibles de découler d’une détente monétaire prolongée.
Type(s) de contenu : Publications, Articles de la Revue de la Banque du Canada Code(s) JEL : E, E5, E52, E58, E6, E65

16 août 2012

Les biais de mesure inhérents à l’indice des prix à la consommation canadien : une mise à jour

L’indice des prix à la consommation (IPC) est la mesure la plus couramment utilisée pour suivre l’évolution du niveau général des prix. Comme il diffère d’un véritable indice du coût de la vie, il est susceptible de comporter quatre types de biais, attribuables à la substitution de produits, à la substitution de points de vente au détail, à l’arrivée sur le marché de nouveaux biens et aux modifications de la qualité des produits. L’auteur met à jour les estimations de la Banque du Canada quant au biais inhérent à l’IPC canadien en examinant ces quatre sources possibles de biais. Pour la période allant de 2005 à 2011, il estime à environ un demi-point de pourcentage le biais de mesure total annuel, ce qui cadre avec les conclusions des recherches antérieures. Légèrement plus de la moitié de ce biais tient au fait que la composition du panier de biens et services servant au calcul de l’IPC est fixe.
Type(s) de contenu : Publications, Articles de la Revue de la Banque du Canada Code(s) JEL : E, E3, E31, E5, E52

19 mai 2011

L’expérience internationale du recours à une mesure de politique monétaire non traditionnelle : l’achat d’actifs par les banques centrales

Dans le cadre de leur réponse à la crise financière de 2007-2009, les banques centrales se sont lancées dans une série d’interventions inédites pour assouplir les conditions monétaires. Les auteurs définissent et étudient ces actions, tout spécialement les achats d’actifs par les banques centrales et leurs conséquences sur le bilan de ces institutions. Ils exposent ensuite les difficultés que soulève l’évaluation de l’incidence de ces mesures et se penchent sur les stratégies de sortie possibles. Les coûts potentiels des interventions et leurs retombées générales sur le cadre de conduite de la politique monétaire sont également analysés.

2. Considérations liées à la stabilité financière dans la formulation de la politique monétaire

En 2011, la Banque a conclu que la politique monétaire devrait être la dernière ligne de défense contre les déséquilibres financiers. Plus récemment, elle a commencé à prendre en compte les risques planant sur la stabilité financière dans un cadre de conduite de la politique monétaire axé sur la gestion des risques. Afin de mieux saisir les circonstances dans lesquelles il conviendrait de recourir à la politique monétaire dans l’intérêt de la stabilité financière, la Banque a poursuivi ses recherches sur la meilleure manière d’intégrer les considérations liées à la stabilité des prix et à la stabilité financière, l’efficacité des instruments de politique macroprudentielle et la combinaison optimale des outils d’intervention.

Principaux documents de référence

Housing Market Dynamics and Macroprudential Policy

Document de travail du personnel 2016-31 Gabriel Bruneau, Ian Christensen, Césaire Meh
Nous procédons à une analyse visant à déterminer dans quelle mesure la mise en place d’un rapport prêt-valeur contracyclique peut réduire l’endettement des ménages et les variations des prix des logements comparativement à l’instauration d’une règle de politique monétaire tenant compte de la hausse des prix des logements.

On the Nexus of Monetary Policy and Financial Stability: Is the Financial System More Resilient?

Document d’analyse du personnel 2016-12 Patricia Palhau Mora, Michael Januska
La politique monétaire et la stabilité financière sont étroitement liées, et la résilience du système financier est un aspect important de cette relation. Le système financier est-il devenu plus résilient à l’issue du programme de réforme de la réglementation financière mis en place par le G20 après la crise? Le propos de cette étude est de répondre à cette question.

On the Nexus of Monetary Policy and Financial Stability: Effectiveness of Macroprudential Tools in Building Resilience and Mitigating Financial Imbalances

Document d’analyse du personnel 2016-11 H. Evren Damar, Miguel Molico
L’objet de cette note est d’évaluer, à partir de données canadiennes et internationales, l’efficacité des politiques macroprudentielles pour renforcer la résilience et réduire les déséquilibres financiers. L’analyse permet de conclure que ces mesures ont atteint l’essentiel des objectifs assignés : augmenter la résilience globale du système financier face aux déséquilibres accrus et accroître sa capacité à résister aux chocs négatifs.

12 juin 2014

La mise en oeuvre de Bâle III : vers un secteur bancaire plus sûr

Éric Chouinard et Graydon Paulin passent en revue les progrès réalisés jusqu’à présent pour mettre en place les nouvelles normes réglementaires mondiales visant le secteur bancaire - le dispositif de Bâle III élaboré par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire. Le rapport expose les avantages nets attendus de l’application de ce cadre ainsi que la difficulté de mesurer de manière cohérente à l’échelle internationale la solidité des fonds propres des banques. Les auteurs examinent comment la mise en œuvre de Bâle III a influé sur le secteur bancaire du Canada et d’autres pays importants et font ressortir la nécessité d’évaluer régulièrement les incidences du dispositif sur le système financier et sur l’ensemble de l’économie.
Type(s) de contenu : Publications, Articles de la Revue du système financier Code(s) JEL : G, G2, G28
15 novembre 2012

La politique monétaire et le canal de la prise de risque : éclairage apporté par le comportement de prêteur des banques

La crise financière de 2007-2009 et le maintien ultérieur des taux d’intérêt réels à des niveaux historiquement bas ont ressuscité le débat autour de la propension des agents économiques à accepter des risques plus importants lorsque les taux d’intérêt restent longtemps bas. Cet appétit accru pour le risque, qui pousse les agents à rechercher des placements et des stratégies d’investissement plus lucratifs, constitue ce qu’on appelle le canal de la prise de risque liée à la politique monétaire. De récents travaux semblent indiquer que les politiques de prêt suivies par les banques dans un contexte de faibles taux d’intérêt ne sont pas incompatibles avec l’existence d’un tel canal en Europe, en Amérique du Sud, aux États-Unis et au Canada. Plus précisément, ces travaux donnent à voir que les conditions des prêts accordés aux emprunteurs à risque sont moins contraignantes lorsque les taux d’intérêt sont bas. Le canal de la prise de risque amplifie peut-être la transmission des effets de la politique monétaire par les canaux traditionnels, aboutissant à une offre excessive de crédit.

Type(s) de contenu : Publications, Articles de la Revue de la Banque du Canada Code(s) JEL : E, E5, E58, G, G2, G21
19 août 2010

La place de la politique monétaire dans la lutte contre les déséquilibres financiers

Les auteurs se demandent si la politique monétaire peut et doit être davantage mise à contribution pour freiner l'accumulation de déséquilibres financiers (comme ceux provoqués par des bulles de prix d'actifs ou par une expansion intenable du crédit) ou si son rôle doit se limiter à atténuer après coup les dommages causés à l'économie.

3. Mesure de l’inflation fondamentale

Même si la Banque du Canada vise un taux d’inflation bas, stable et prévisible, elle devra toujours composer avec les fortes variations de l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC), lesquelles sont provoquées par des changements des prix volatils d’un nombre restreint de biens et services. Pour formuler la politique monétaire, la Banque cherche à faire abstraction des fluctuations transitoires de l’IPC; elle se sert ainsi de mesures de l’inflation fondamentale comme d’un guide afin de faciliter l’atteinte de la cible fixée pour l’inflation mesurée par l’IPC.

De 2001 à 2016, la Banque a privilégié l’IPCX comme mesure de l’inflation fondamentale. Les propriétés d’autres mesures de l’inflation fondamentale ont été réexaminées pour déterminer si la Banque devrait continuer de recourir à une mesure prééminente de l’inflation fondamentale dans la conduite de la politique monétaire et, le cas échéant, si l’IPCX devrait continuer de jouer ce rôle. La Banque a décidé qu’à partir de janvier 2017, elle cesserait d’utiliser l’IPCX comme mesure privilégiée de l’inflation fondamentale et le remplacerait par trois nouvelles mesures : l’IPC-tronq, l’IPC-méd et l’IPC-comm.

Principaux documents de référence

11 juin 2006

Évaluation des mesures de l'inflation fondamentale

Depuis l'instauration d'un régime de poursuite de cibles d'inflation en 1991, la Banque du Canada a choisi de recourir à une mesure de l'inflation fondamentale pour la guider dans la conduite de sa politique monétaire à court terme. Lorsque la cible d'inflation a été renouvelée en 2001, la Banque a adopté en raison des avantages qu'il offrait un nouvel indice pour mesurer l'inflation tendancielle, IPCX. Laflèche et Armour font le bilan de son utilisation en cherchant à savoir s'il satisfait encore aux critères qui avaient présidé à son choix en 2001. Elles décrivent pour ce faire les divers indices que surveille la Banque et évaluent leurs performances en fonction de la volatilité de leurs composantes et de celle des indices eux-mêmes, de l'absence de biais par rapport à l'IPC global, de leur capacité de prévision et de certains critères pratiques telles l'actualité et la crédibilité. Elles concluent qu'IPCX répond encore à tous les critères empiriques et pratiques.
18 novembre 2001

Une nouvelle mesure de l'inflation fondamentale

La Banque du Canada a défini sa fourchette cible de maîtrise de l'inflation en fonction du taux d'accroissement de l'IPC (indice des prix à la consommation) global, mais elle a recours à un indice qui mesure l'inflation tendancielle ou fondamentale pour la guider, à court terme, dans la conduite de la politique monétaire. Lorsque la cible d'inflation a été reconduite en mai 2001, la Banque du Canada a annoncé qu'elle adoptait une nouvelle mesure de l'inflation fondamentale. Cette mesure exclut les huit composantes les plus volatiles de l'IPC ainsi que l'effet des modifications des impôts indirects sur les autres composantes. L'auteur se penche sur la définition de la nouvelle mesure de l'inflation fondamentale et décrit certains de ses avantages par rapport à l'ancienne. Il souligne que la nouvelle mesure a un fondement statistique plus solide, est plus conforme à la théorie économique et permet de mieux prévoir l'évolution de l'inflation dans son ensemble. Malgré tout, la Banque continuera de suivre l'évolution d'une vaste gamme d'indicateurs au moment d'évaluer la trajectoire probable de l'inflation.

Autres documents de référence

17 mai 2012

Les régimes de ciblage de l’inflation : l’expérience internationale récente

Depuis le renouvellement, en 2006, de l’entente sur la maîtrise de l’inflation en vigueur au Canada, les régimes de politique monétaire ont été confrontés à des chocs de taille, dont la crise économique et financière mondiale. Cet article examine les récents résultats livrés par les cibles d’inflation, y compris le débat sur le rôle que la […]
Type(s) de contenu : Publications, Articles de la Revue de la Banque du Canada Code(s) JEL : E, E3, E31, E5, E52, E58