Mikael Khan est directeur de l’Équipe de l’analyse de la main-d’œuvre et de l’inflation au département des Analyses de l’économie canadienne, où il gère l’équipe de la Banque chargée d’effectuer des analyses à court terme et de prévoir l’évolution de l’inflation et du marché du travail. Depuis qu’il s’est joint à la Banque en 2011, il a occupé des postes aux responsabilités croissantes aux départements des Analyses de l’économie canadienne et des Marchés financiers et de la Stabilité financière. Son travail se concentre principalement sur les mesures de l’inflation fondamentale et leur utilisation, les pratiques d’établissement des prix des entreprises, le rôle des attentes sur le marché du logement et les risques macroéconomiques associés à l’endettement élevé des ménages. Mikael détient un baccalauréat spécialisé et une maîtrise en économie de l’Université Queen’s.
À l’aide des microdonnées sous-jacentes à l’indice des prix à la consommation canadien, nous étudions la fréquence et l’ampleur des modifications de prix opérées par les entreprises durant la pandémie de COVID-19. Nous constatons que la montée de l’inflation observée s’explique surtout par le fait que les détaillants ont augmenté leurs prix beaucoup plus souvent qu’auparavant. Nous notons aussi que, depuis peu, les pratiques d’établissement des prix des entreprises semblent se rapprocher de ce qu’elles étaient avant la pandémie.
Nous constatons que les prix et les coûts des entreprises axées sur la consommation ont évolué à peu près dans les mêmes proportions pendant la pandémie de COVID-19. Cela signifie que les entreprises ont répercuté intégralement la hausse de leurs coûts sur les prix qu’elles facturaient. Toutefois, compte tenu des lacunes dans les données et des incertitudes liées à l’estimation des ratios de marge, nos résultats doivent être considérés comme indicatifs plutôt que probants.
Nous évaluons l’utilité de plusieurs mesures de l’inflation fondamentale durant la pandémie de COVID-19. Nous constatons que l’IPC-tronq et l’IPC-méd ont été le baromètre le plus fiable de l’inflation sous-jacente. Si ces mesures ont fourni de bonnes indications, c’est parce qu’elles ne reposent pas sur des données historiques – une caractéristique particulièrement importante dans des circonstances inhabituelles.
Nous introduisons une méthode novatrice de catégorisation des acheteurs détenant un prêt hypothécaire en trois groupes, soit les accédants à la propriété, les acheteurs déjà propriétaires et les investisseurs. Nous montrons comment ces groupes contribuent à l’activité sur les marchés du logement au Canada et analysons ce qui les distingue d’après leurs caractéristiques démographiques et financières.
Nous présentons un modèle permettant de détecter les périodes d’anticipations extrapolatives relatives aux prix des logements dans des villes canadiennes. L’indicateur de l’exubérance des prix des logements peut être mis à jour trimestriellement pour étayer l’évaluation générale que fait la Banque du Canada des déséquilibres sur le marché du logement.
La COVID-19 a apporté son lot de défis, mais les mesures énergiques des autorités canadiennes ont aidé les entreprises à gérer leurs problèmes de liquidité et contribué à maintenir le nombre de dossiers d’insolvabilité déposés à un bas niveau. Les conséquences de la pandémie ont toutefois été inégales, et la santé financière de certaines entreprises pourrait encore se détériorer au cours de la prochaine année.
La Banque du Canada a récemment mis en place une enquête trimestrielle pour mesurer les attentes des ménages canadiens : l’Enquête sur les attentes des consommateurs au Canada. Les données recueillies fournissent une information détaillée sur les anticipations des consommateurs concernant l’inflation, le marché du travail et la situation financière de leur ménage, ainsi que sur leur incertitude à ces égards. Le présent article décrit l’Enquête et illustre la richesse des renseignements qu’elle est susceptible de fournir aux chercheurs et aux décideurs publics au sujet des consommateurs canadiens.
L’article dresse un portrait général de la situation du marché du travail au Canada et aux États-Unis depuis la Grande Récession. Y est aussi décrite une méthode simple permettant de synthétiser, dans un indicateur composite unique du marché du travail de chaque pays, l’essentiel de l’information analysée. Cet indicateur synthétique révèle que si le taux de chômage a évolué au Canada essentiellement en phase avec l’ensemble des conditions du marché du travail depuis la récession, son niveau pourrait traduire une légère surestimation de l’embellie récente de ce marché. Aux États-Unis, par contraste, le taux de chômage semble avoir largement exagéré l’amélioration des conditions sur le marché du travail.